L’accord migratoire « un pour un » entre le Royaume-Uni et la France expire demain


Principaux renseignements

  • L’accord migratoire « un pour un » entre le Royaume-Uni et la France prend fin ce jeudi.
  • La France réclame un cadre européen plus large pour remplacer le pacte bilatéral.
  • Les coûts élevés et la capacité de rétention limitée ont freiné le développement global du programme.

Selon des sources gouvernementales, l’accord bilatéral « un qui entre, un qui sort » entre le Royaume-Uni et la France devrait prendre fin ce jeudi. Cette initiative, destinée à décourager les traversées illégales de la Manche à bord de petites embarcations, se trouve dans l’impasse, la France préconisant un cadre européen plus large plutôt qu’un pacte bilatéral.

Origines du partenariat

Ce partenariat, lancé en juillet 2025 par Keir Starmer et Emmanuel Macron, a vu ses premières opérations débuter en septembre de la même année. Bien qu’il fût initialement prévu pour prendre fin en avril, la date butoir a été repoussée au 1er octobre afin de faire face à la hausse saisonnière des traversées.

Alors que Starmer avait autrefois salué cette stratégie comme une initiative pionnière visant à modifier la dynamique de l’immigration clandestine, les responsables gouvernementaux admettent désormais qu’elle n’a jamais atteint une ampleur suffisante pour constituer un moyen de dissuasion majeur.

Chiffres 

Statistiquement, le programme a permis le retour de plus de 1 400 personnes en France, tandis que 1 117 personnes ayant des liens avec le Royaume-Uni ont été transférées vers ce pays fin juin 2026.

Malgré ces chiffres, le coût humain est évident. De nombreux expulsés se sont retrouvés sans domicile fixe à Paris ou sont retournés dans les camps de migrants de Dunkerque et de Calais, certains tentant même à nouveau la traversée.

Demandes françaises pour un cadre européen

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a reconnu l’impact visible du programme, soulignant que les informations relatives à cet accord avaient conduit certains migrants à annuler leurs projets de voyage.

Il a toutefois soutenu que la France ne devait pas assumer seule cette responsabilité, estimant que le projet pilote aurait dû déboucher sur un accord global entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Cela fait écho à l’ancien accord de Dublin, qui régissait les retours avant le Brexit mais qui a depuis été rejeté par les dirigeants de l’UE.

Obstacles opérationnels

D’un point de vue financier et logistique, la ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a informé le Parlement que chaque renvoi vers la France coûtait environ 56 000 livres sterling (65 500 euros).

Elle a souligné d’importants obstacles opérationnels, notamment un manque de capacité d’accueil en centre de rétention, qui a entravé la possibilité d’étendre le programme. De plus, Mahmood a rejeté l’idée selon laquelle un pacte à l’échelle de l’UE apporterait une solution définitive à la crise.

Évolution des flux migratoires

Alors que l’accord arrive à expiration, on observe une évolution notable des flux migratoires. Entre janvier et fin septembre, le nombre de personnes traversant la Manche à bord de petites embarcations a chuté à 19 135, soit une baisse de 42 pour cent par rapport à la même période de l’année précédente.

(at)

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