Principaux renseignements
- Les chiffres de la pauvreté en Belgique ont baissé depuis 2019, mais 1,9 million de personnes vivent toujours dans la précarité.
- Selon le rapport, la limitation de la durée des allocations ne conduit pas à une augmentation de l’emploi, mais place au contraire ces citoyens dans une situation encore plus précaire.
- Pour mettre fin à la pauvreté structurelle, il faut une volonté politique de faire passer les droits fondamentaux de l’homme avant les sanctions bureaucratiques.
Le « Baromètre de la pauvreté 2026 » de Decenniumdoelen dresse un tableau contrasté de la situation de la pauvreté en Belgique. Alors que le nombre de personnes confrontées à l’exclusion sociale ou à la pauvreté a diminué de 344 000 depuis 2019, environ 1,9 million de citoyens se trouvent toujours dans une situation précaire. Les experts avertissent que les récents changements de politique pourraient inverser les progrès réalisés ces dernières années.
Limitation de la durée des allocations chômage
Des données récentes concernant la limitation de la durée des allocations chômage indiquent que la réduction progressive de l’aide financière ne contribue pas efficacement à stimuler l’emploi.
En Flandre, seules 17 pour cent des 21 792 personnes ayant perdu leurs allocations ont trouvé un emploi. En revanche, 35 pour cent ont basculé vers le revenu d’intégration et 14 pour cent vers l’assurance maladie. Un tiers de ce groupe a complètement disparu des registres officiels.
Au niveau national, on observe une tendance similaire. Sur les 87 788 personnes concernées, seules 14 pour cent ont trouvé un emploi, tandis que 45 pour cent ont basculé vers le revenu d’intégration. Ces chiffres sont nettement inférieurs aux prévisions initiales, qui tablaient sur un tiers des personnes concernées trouvant un emploi.
Lacunes systémiques
Le passage d’un droit individuel à une assurance, comme les allocations chômage, à une prestation familiale soumise à des conditions de ressources, telle que le revenu minimum vital, peut accroître la vulnérabilité.
Ce dernier dépendant des revenus du foyer, les personnes vivant en couple risquent de perdre leur autonomie financière. En l’absence d’une coordination sans faille entre les services administratifs, ce changement entraîne souvent des écarts de revenus et une dépendance accrue vis-à-vis des membres de la famille. De même, pour les personnes souffrant de maladies de longue durée, le système privilégie actuellement les sanctions et la surveillance plutôt que la réinsertion et la mise à disposition d’emplois adaptés.
Piliers de la pauvreté
Ce rapport exhaustif analyse six piliers clés : la santé, le logement, l’éducation, l’emploi, les revenus et l’intégration sociale. Les conclusions indiquent que les droits sociaux ne sont efficaces que lorsqu’ils sont accessibles et suffisants. La pauvreté persiste lorsque les revenus sont trop faibles, que les services sont inaccessibles ou que des obstacles bureaucratiques sont imposés à l’individu.
Appel à la volonté politique
En fin de compte, la lutte contre la pauvreté est une question de volonté politique. Il est nécessaire de mettre en place une stratégie fondée sur les droits humains fondamentaux, garantissant à tous les citoyens l’accès à des salaires équitables, à des soins de santé de qualité, à un logement abordable et à l’égalité des chances en matière d’éducation, afin d’assurer leur pleine participation à la société.
(at)
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