Principaux renseignements
- La Belgique vise 10 milliards d’euros d’économies d’ici 2029 pour respecter les règles européennes en matière de dépenses. La première note de Bart De Wever prévoit 14 milliards d’euros d’économies afin de constituer une réserve.
- De Wever met en œuvre une stratégie « tiramisu » combinant hausses d’impôts, réductions des dépenses et réformes structurelles.
- Jeudi, le gouvernement restreint se réunira à nouveau. Entre-temps, des discussions auront lieu au sein de groupes de travail.
Le Premier ministre Bart De Wever a présenté un premier cadre budgétaire visant à stabiliser la situation financière précaire de la Belgique.
14 milliards d’euros
Si l’objectif principal du gouvernement est de dégager environ 10 milliards d’euros d’ici 2029, la proposition initiale comprend des mesures totalisant 14 milliards d’euros. Cet excédent constitue une manœuvre stratégique, offrant une marge de manœuvre qui permet aux partenaires de la coalition de négocier, de modifier ou de supprimer certaines propositions sans compromettre l’objectif budgétaire final.
L’objectif de 10 milliards d’euros n’est pas arbitraire ; il vise à remettre la Belgique en conformité avec les règles européennes en matière de dépenses, qui exigent une correction d’environ 7,7 milliards d’euros. En visant plus haut, le gouvernement espère remédier à l’avance aux déficits futurs et tenir compte des baisses d’impôts prévues qui pourraient alourdir le défi financier global.
Revenus supplémentaires
Plutôt que de s’appuyer sur une seule mesure de grande envergure, De Wever a proposé une approche « tiramisu » — une stratégie à plusieurs niveaux combinant réductions des dépenses, nouvelles sources de recettes, réformes structurelles et gains économiques attendus.
Plusieurs sources de recettes potentielles ont été identifiées. L’une des principales options concerne la réforme de la TVA, notamment en augmentant le taux normal de 21 pour cent à 22 pour cent ou en ajustant les tranches de 6 pour cent et 12 pour cent. Bien qu’efficace en raison de l’assiette fiscale large, cette mesure pourrait entraîner une hausse des prix et affecter de manière disproportionnée les ménages à faibles revenus. Par ailleurs, le gouvernement envisage de modifier l’indexation automatique des retraites et des prestations sociales, ce qui permettrait de réaliser d’importantes économies à long terme, mais entraînerait une perte permanente de pouvoir d’achat pour les bénéficiaires.
Réformes de la santé et de la protection sociale
La santé et la sécurité sociale font également l’objet d’un examen minutieux. Les propositions comprennent le ralentissement de la croissance des budgets de santé, l’augmentation des tickets modérateurs et la mise en œuvre d’initiatives visant à réinsérer les personnes en arrêt maladie de longue durée sur le marché du travail.
Cette dernière mesure est considérée comme présentant un double avantage : réduire les versements de prestations tout en augmentant les recettes fiscales. Par ailleurs, le gouvernement envisage de supprimer progressivement certaines subventions aux entreprises et de modifier le statut fiscal de certaines organisations à but non lucratif.
Risques liés aux projections économiques
Une contradiction centrale de ce plan réside dans la volonté du gouvernement de réduire la fiscalité du travail pour encourager l’emploi tout en cherchant simultanément à réaliser des économies de plusieurs milliards. L’espoir est que la hausse de l’emploi finira par compenser ces pertes grâce à des recettes fiscales plus élevées.
Cependant, l’une des faiblesses majeures du chiffre de 14 milliards d’euros réside dans le fait qu’il inclut des « effets de retour sur investissement » — c’est-à-dire des gains estimés issus de la croissance économique future et de la hausse de l’emploi — plutôt que de se limiter à des économies garanties. Contrairement à une réduction directe des subventions, ces gains dépendent du comportement humain et des conditions économiques. Pour un pays dont le déficit dépasse 5 pour cent de son PIB et dont la dette s’élève à plus de 110 pour cent, s’appuyer sur ces projections comporte un risque considérable.
Équilibre entre austérité et croissance
Sur le plan économique, la stratégie consistant à répartir la charge entre hausses d’impôts, réductions des dépenses et croissance est logique. S’appuyer uniquement sur des hausses d’impôts étoufferait l’économie, tandis que miser uniquement sur des coupes dans les dépenses sociales entraînerait de graves difficultés.
En répartissant l’impact, le gouvernement vise une reprise plus durable. Cependant, une austérité trop agressive risque d’étouffer la croissance économique même nécessaire au financement du budget.
Frictions au sein de la coalition
Sur le plan politique, la première proposition s’est déjà heurtée à une certaine résistance. Divers partenaires de la coalition ont exprimé leurs inquiétudes. Certains estiment que l’accent est trop mis sur les nouvelles taxes et pas assez sur les réductions des dépenses, tandis que d’autres réclament davantage de réformes structurelles pour renforcer la compétitivité. Ces frictions initiales sont prévisibles, car la proposition d’ouverture sert à identifier les points de rupture politiques.
Des groupes de travail à une nouvelle réunion le jeudi
Le gouvernement s’emploie actuellement à affiner les calculs et à étudier des alternatives. Le vice-Premier ministre Maxime Prévot se rendant aujourd’hui à la réunion de l’ONU à New York, le comité restreint ne se réunira à nouveau que jeudi. D’ici là, certains détails spécifiques de la note de De Wever seront toutefois examinés au sein de groupes de travail.
L’objectif ultime est de parvenir à un accord politique d’ici le 13 octobre, date qui coïncide avec le discours sur l’état de l’Union et la date limite de présentation des projets de budget à l’Union européenne. Le principal défi reste de trouver un équilibre entre la discipline budgétaire et la nécessité de réduire la fiscalité sur le travail et d’augmenter les dépenses de défense sans briser la dynamique économique. (fc)
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