Principaux renseignements
- Cette année, l’Europe a dépensé 7,28 milliards d’euros pour s’approvisionner en GNL russe provenant de l’Arctique.
- Les acheteurs de l’UE stockent du gaz en prévision d’une interdiction prévue en 2027.
- La Russie dépend des ports et des navires européens pour maintenir ses exportations d’énergie.
Malgré les déclarations officielles affirmant une volonté de se détacher de l’énergie russe, les pays européens ont dépensé environ 7,28 milliards d’euros au cours des huit premiers mois de cette année pour du gaz naturel liquéfié (GNL) issu du projet arctique de Yamal. Ces dépenses dépassent d’ores et déjà le montant total dépensé sur l’ensemble de l’année 2025, rapporte Euronews.
Les données fournies par l’ONG Urgewald mettent en évidence une hausse de 10,1 pour cent des importations par rapport à l’année précédente, les ports européens ayant réceptionné 11,39 millions de tonnes réparties sur 156 expéditions entre janvier et août.
Une demande en hausse
Les analyses de marché de Kpler indiquent que l’Europe consomme désormais près de 89 pour cent des exportations mondiales de Yamal, ce qui représente une hausse significative par rapport aux 78,2 pour cent enregistrés en 2025. Les analystes suggèrent que cette flambée résulte d’une stratégie des acheteurs de l’UE visant à constituer des stocks avant l’entrée en vigueur d’une interdiction totale en janvier 2027.
Cette hausse des dépenses est attribuée à la fois à la hausse des prix du gaz et aux perturbations du trafic maritime au Moyen-Orient, notamment au niveau du détroit d’Ormuz. La France, la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas se sont imposés comme les principaux importateurs de ce gaz russe.
L’Europe joue un rôle crucial dans les exportations de gaz russe
La logistique de ce commerce dépend fortement des infrastructures et des entreprises européennes. Dynagas et Seapeak, des sociétés ayant respectivement des liens avec la Grèce et le Royaume-Uni, gèrent 72 pour cent des exportations en provenance de Yamal. La Russie s’appuie sur une flotte spécialisée de 15 méthaniers Arc7, capables de naviguer dans les eaux gelées.
Les ports européens étant plus proches, ces navires peuvent effectuer leurs rotations rapidement. Le transfert de ces transports vers l’Asie pendant l’hiver allongerait considérablement la durée du trajet et pourrait entraîner un effondrement de la capacité d’exportation de gaz russe.
Tensions politiques
Cette contradiction économique survient à un moment politique crucial, alors que les diplomates de l’UE négocient le 22e train de sanctions et que les dirigeants se réunissent pour le Sommet européen de l’Arctique en Finlande. Bien que la Grèce ait obtenu une dérogation à certaines interdictions concernant le GNL, les militants écologistes et les défenseurs des sanctions affirment que l’UE finance en réalité les efforts militaires du Kremlin.
Urgewald a appelé à combler immédiatement les lacunes législatives et exige notamment l’interdiction de la vente et de l’entretien des méthaniers spécialisés Arc7.
Interdiction du GNL russe à partir de 2027
Le véritable test de la détermination de l’Europe aura lieu le 1er janvier 2027, date à laquelle l’interdiction officielle du GNL russe et des services maritimes associés entrera en vigueur. Les experts estiment que la perte d’accès aux ports européens exercerait une pression sans précédent sur les activités énergétiques russes dans l’Arctique.
Il reste toutefois incertain que les États membres de l’UE accordent la priorité à ces sanctions plutôt qu’au risque de fluctuations des prix de l’énergie en hiver. (lv)
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