Principaux renseignements
- La Chine construit dans le désert des répliques détaillées de navires de guerre américains afin d’affiner le ciblage de ses missiles.
- Ses capacités avancées en matière d’A2/AD visent à empêcher les forces américaines d’accéder à la première chaîne d’îles.
- Ces simulations sophistiquées témoignent d’une préparation systématique à un conflit de haute intensité.
Au cœur du désert du Taklamakan, loin de toute côte, l’Armée populaire de libération a mis en place de vastes terrains d’entraînement comprenant des maquettes grandeur nature de navires de la marine américaine. Des données satellitaires de 2021 ont permis d’identifier les silhouettes de porte-avions américains et d’au moins deux destroyers de la classe Arleigh Burke.
Préparation au conflit
Pour simuler les difficultés liées au fait de toucher une cible mobile, les Chinois ont placé une maquette de navire de 75 mètres sur un vaste système de rails. En 2024, ces simulations ont encore évolué, des images révélant une réplique détaillée du porte-avions de pointe de la classe Gerald R. Ford.
Ces activités indiquent que Pékin se prépare activement à un conflit potentiel. Après deux décennies de modernisation militaire rapide, l’Occident ne peut plus ignorer l’ampleur de l’expansion chinoise. L’un des principaux indicateurs de cette préparation est le développement de systèmes destinés à entraver la capacité des États-Unis à déployer des forces près des frontières chinoises, en particulier au sein de la première chaîne d’îles et en mer de Chine du Sud.
La stratégie A2/AD
Les capacités de déni d’accès/de zone (A2/AD) sont au cœur de cette stratégie. Le DF-21D, un missile balistique à longue portée spécialement conçu pour neutraliser les porte-avions américains, en est un élément clé.
De plus, le missile à portée intermédiaire DF-26 constitue une menace à double usage, capable de frapper aussi bien des cibles terrestres que des navires à une distance de 2 000 milles marins. Au-delà de ces éléments, la Chine a intégré des bombardiers H-6 et des navires de combat de surface de type 055 à son arsenal offensif à longue portée.
Simulation en haute mer
Le choix d’un environnement désertique pour ces essais est délibéré. Le terrain plat et vaste imite l’horizon ouvert de l’océan, permettant aux systèmes de missiles de s’entraîner à verrouiller des cibles massives positionnées juste au-dessus d’un plan plat. Cela permet aux concepteurs d’armes et aux équipes de missiles d’affiner le processus d’identification, de suivi et de destruction des plateformes américaines dans un environnement contrôlé.
Alors que certains des premiers modèles n’étaient que des silhouettes rudimentaires, les versions plus récentes intègrent des structures complexes telles que des réflecteurs radar et des îlots de pont d’envol afin d’accroître le réalisme.
Avertissement clair
Au-delà des cibles navales, l’APL a également construit des répliques de bâtiments gouvernementaux taïwanais essentiels afin de s’entraîner à des raids de précision. Bien que frapper un navire en manœuvre en mer soit nettement plus difficile que de toucher une maquette immobile dans le désert, la sophistication croissante de ces exercices suggère que Pékin surmonte systématiquement ces obstacles tactiques. L’investissement soutenu dans ces simulations constitue un avertissement sans équivoque : Washington ne doit pas sous-estimer cette menace en constante évolution. (fc)
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