Principaux renseignements
- Les travailleurs néerlandais font grève pour protester contre les coupes dans les aides sociales.
- Le gouvernement a l’intention de réaffecter 6,5 milliards d’euros à la défense nationale.
- L’instabilité politique menace le prochain budget 2027 de la coalition.
Une vague massive de mouvements sociaux déferle sur les Pays-Bas, alors que les salariés de divers secteurs organisent des manifestations contre les projets du gouvernement visant à réduire les prestations sociales.
6,5 milliards d’euros supplémentaires pour la défense
L’un des principaux catalyseurs de cette mobilisation est l’intention de l’administration de réaffecter environ 6,5 milliards d’euros provenant des programmes sociaux à l’augmentation des dépenses de défense nationale, dans le but d’atteindre l’objectif de l’OTAN de consacrer 5 pour cent du PIB à la défense d’ici 2035.
Grèves généralisées
L’ampleur des perturbations est considérable, plusieurs grands ports — dont ceux d’Amsterdam, de Zélande et de Rotterdam — devant interrompre toute activité maritime pendant plusieurs heures ce vendredi. Au-delà du secteur maritime, les grèves concernent un large éventail de travailleurs, allant des fonctionnaires et des métallurgistes au personnel des transports en commun et aux employés de Heineken.
Nine Kooiman, du syndicat FNV, la plus grande organisation syndicale du pays, a souligné que ces actions sont essentielles pour empêcher une nouvelle dégradation du système de sécurité sociale du pays.
Financer l’expansion militaire
Pour combler un déficit de financement annuel prévu de 19 milliards d’euros destiné aux objectifs militaires, le gouvernement minoritaire dirigé par Rob Jetten a proposé une combinaison de hausses d’impôts, de réductions des dépenses de santé et de coupes dans les prestations sociales. Alors que d’autres pays de l’UE, comme la Pologne et la France, ont eu recours à des programmes d’emprunt spécialisés, le ministère néerlandais des Finances, représenté par Eelco Heinen, a rejeté cette voie afin d’éviter d’imposer une dette aux générations futures.
Instabilité politique et risques économiques
Ces manifestations surviennent à un moment délicat pour la coalition en place depuis six mois, qui doit s’assurer le soutien des partis d’opposition pour faire adopter son budget 2027 lors de la prochaine « Journée du budget », le 15 septembre. Des fuites récentes suggèrent que certaines coupes prévues pourraient être atténuées, ce qui fait craindre que le gouvernement ne fasse que reporter des difficultés inévitables.
L’économiste Jasper J. van Dijk a fait remarquer sur Bloomberg que le report de ces décisions financières pourrait entraîner à l’avenir des changements de politique plus radicaux et imprévisibles. (fc)
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