Le MR gèle 131 millions d’euros destinés au logement social bruxellois après la réélection du président controversé du PS


Principaux renseignements

  • Georges-Louis Bouchez (MR) a gelé 131 millions d’euros destinés au logement social bruxellois.
  • Des allégations de favoritisme et de clientélisme ont déclenché le blocage financier.
  • La lutte de pouvoir menace la stabilité de la coalition au pouvoir.

Une confrontation politique a éclaté au sein du gouvernement bruxellois depuis que Georges-Louis Bouchez, président du MR, souhaite geler 131 millions d’euros destinés à la Société régionale bruxelloise du logement (BGHM/SLRB). Ce blocage financier est une réaction directe à la réélection de Lotfi Mostefa (PS) à la présidence de l’Anderlechtse Haard, une situation que les libéraux jugent intenable.

Allégations de favoritisme

Le conflit trouve son origine dans des allégations de clientélisme et de favoritisme impliquant Mostefa, mises en lumière dans un reportage de l’émission « Pano » de la VRT et lors d’une enquête parlementaire qui a suivi.

Alors que le MR exige son départ immédiat pour garantir la transparence et une bonne gouvernance, le PS continue de le soutenir. Le retour de Mostefa à la présidence a été facilité par la nomination d’un commissaire du gouvernement afin d’éviter une paralysie administrative, mais le MR y voit un refus de la part du PS de reconnaître des défaillances systémiques.

Conséquences financières pour le logement social

Les fonds gelés représentent l’essentiel du budget prévu de la SLRB pour l’année en cours et sont indispensables à l’achèvement de nouveaux projets de logements et au règlement des factures en souffrance.

Alors que l’investissement de 400 millions d’euros dans le logement social constituait un pilier majeur de l’accord de coalition entre les socialistes et les libéraux, le MR utilise désormais ce levier pour signaler qu’il ne tolérera pas une mauvaise gestion au sein des institutions publiques.

Réaction politique du PS

Les partisans de Mostefa et les responsables du PS, notamment Ahmed Laaouej et la secrétaire d’État Karine Lalieux, ont condamné cette mesure, la qualifiant d’attaque politique symbolique visant à paralyser le gouvernement. Ils affirment que le MR met en péril des services sociaux essentiels à des fins politiques.

Coalition sous tension

Il revient désormais au ministre-président Boris Dilliès (MR) de résoudre cette lutte de pouvoir. Le moment est particulièrement délicat, car ce différend coïncide avec le début des négociations budgétaires, ce qui crée une tension importante au sein de la coalition au pouvoir.

Le porte-parole du ministre-président bruxellois Boris Dilliès (MR) indique d’ores et déjà que le chef du gouvernement et le président de son parti sont sur la même longueur d’onde. « Notre objectif est de respecter l’accord de gouvernement et de refinancer la SLRB. Mais un tel refinancement ne peut avoir lieu que si nous disposons de garanties concrètes quant au rétablissement de la bonne gestion du secteur du logement social bruxellois. Les Bruxellois ont droit à des institutions publiques exemplaires, sans place pour le népotisme ou d’autres pratiques illégales ou contraires à l’éthique ».

(at)

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