Un fossé entre les dirigeants et les RH concernant l’impact de l’IA sur le recrutement


Principaux renseignements

  • Les dirigeants belges craignent davantage l’IA que les professionnels des ressources humaines.
  • Les responsables perçoivent une perte plus importante d’authenticité chez les candidats.
  • Les convictions de la direction sont souvent en contradiction avec les réalités opérationnelles du recrutement.

Une étude récente menée par Partena Professional, en partenariat avec iVOX et l’expert en droit du travail Stijn Baert, révèle un fossé important dans la manière dont les employeurs belges perçoivent l’impact de l’IA sur le processus de recrutement. Plus précisément, les chefs d’entreprise et les managers expriment bien plus d’appréhension face à l’utilisation de l’intelligence artificielle par les demandeurs d’emploi que les professionnels des ressources humaines.

Points de vue divergents sur la charge de travail et l’authenticité

Cet écart est particulièrement flagrant lorsqu’il s’agit d’évaluer la charge de travail. Environ 40 pour cent des cadres estiment que l’IA rend le processus de sélection plus chronophage, alors que moins de 20 pour cent des spécialistes des ressources humaines partagent ce point de vue.

Cette tension s’étend à l’évaluation des candidats. Les dirigeants sont bien plus enclins à penser que l’IA masque la motivation réelle, l’honnêteté et l’authenticité d’un candidat. Par exemple, près de la moitié des cadres a du mal à faire la distinction entre les candidats véritablement intéressés et ceux qui postulent simplement pour conserver leurs allocations chômage, une préoccupation partagée par seulement environ 28 pour cent des experts en ressources humaines.

Parallèles avec le télétravail

Stijn Baert suggère que ce schéma reflète la résistance observée chez les chefs d’entreprise lors du passage au télétravail pendant la pandémie.

Il avance que les managers pourraient préférer une approche plus traditionnelle et rigoureuse de la sélection, considérant le recours à la technologie comme un moyen pour les candidats de dissimuler leur véritable personnalité.

Fossé entre perception et réalité

De plus, il existe une contradiction frappante concernant la manière dont les entreprises réagissent à ces évolutions technologiques. Alors que plus de la moitié des managers et des entrepreneurs estiment que leur organisation a mis à jour ses méthodes de sélection pour tenir compte de l’IA, seul un quart environ des spécialistes des ressources humaines partage cet avis.

Cela suggère un décalage entre la perception des dirigeants et la réalité opérationnelle. Jonas Pollet, de Partena Professional, note que si les dirigeants peuvent croire que les nouveaux outils améliorent l’efficacité, ceux qui exécutent les tâches quotidiennes de recrutement ne ressentent souvent aucun changement concret.

Vision opérationnelle

En fin de compte, l’étude met en évidence que les personnes directement chargées du recrutement ont une vision plus nuancée de l’IA que celles occupant des postes de direction.

Pollet met en garde : si les entreprises fondent leurs politiques de recrutement uniquement sur les préoccupations de la direction générale, elles risquent de négliger les expériences opérationnelles réelles de leurs équipes RH.

(at)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus