Airbus souhaite vendre sa division spatiale américaine et rapatrier la production de satellites en Europe


Principaux renseignements

  • Airbus envisage de céder ses activités spatiales américaines afin de donner la priorité à la domination européenne dans le domaine des satellites.
  • L’alliance « Bromo » rassemble trois géants industriels pour faire face à SpaceX et à la concurrence chinoise.
  • L’Europe aspire à davantage d’autonomie dans le domaine spatial et souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères.

Airbus envisage de céder ses activités spatiales américaines dans le cadre d’un changement de cap stratégique. L’entreprise souhaite se concentrer davantage sur le développement d’un acteur européen dominant dans le domaine des satellites. C’est ce que rapporte le Financial Times.

Selon certaines sources, Airbus serait à la recherche d’acquéreurs potentiels pour ses activités américaines. Celles-ci comprennent une usine de production en Floride et la série Arrow de petits satellites destinés à l’imagerie et aux communications des services publics.

Priorité à l’autonomie européenne

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large visant à relocaliser la fabrication de satellites en Europe afin de renforcer l’autonomie régionale. La production de 440 satellites en orbite terrestre basse dans l’usine de Toulouse de l’entreprise, commandée par le français Eutelsat, en est un excellent exemple.

Par ailleurs, Airbus a récemment acquis la totalité du capital de la coentreprise Airbus OneWeb Satellites, qui a déjà développé plus de 600 satellites destinés à un réseau Internet en orbite basse.

Pression financière

Sur le plan financier, la division américaine génère, selon les estimations, plusieurs centaines de millions de dollars de chiffre d’affaires annuel et emploie plus de 200 personnes sur le site de Merritt Island.

Cela ne représente qu’une petite partie des quelque 11 000 collaborateurs qu’Airbus mobilise à l’échelle mondiale pour ses initiatives spatiales. Cette vente éventuelle intervient alors que la division spatiale subit une pression financière considérable et a enregistré des charges de 989 millions d’euros en 2024.

Alliance Bromo

Afin de retrouver sa compétitivité face aux entreprises chinoises et à SpaceX, la société d’Elon Musk, Airbus a conclu un accord avec Thales et Leonardo en vue de regrouper leurs systèmes spatiaux et leurs services satellitaires.

L’alliance des trois entreprises, connue sous le nom de « Bromo », prévoit de demander l’autorisation des autorités de régulation européennes cette année et d’être pleinement opérationnelle en 2027. Certaines entreprises européennes, dont Indra Space et OHB, se sont opposées à cette alliance. Les initiateurs du projet misent toutefois sur la volonté de l’Union européenne de développer de solides leaders du marché européen.

Réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger

Cette consolidation est motivée par le besoin urgent de l’UE de réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères, notamment celles des États-Unis.

La nécessité de disposer de constellations européennes indépendantes de renseignement et de communication est devenue évidente, d’autant plus que la dépendance actuelle vis-à-vis de services tels que Starlink, mise en évidence par le conflit en Ukraine, révèle une vulnérabilité critique des capacités spatiales du continent. (lv)

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