La Russie a utilisé pour la première fois un missile Iskander amélioré, doté d’une plus grande portée, lors de l’attaque contre Kiev


Principaux renseignements

  • La Russie a déployé le missile 9M723-2, connu sous le nom d’Iskander-1000, pour contourner les défenses aériennes avancées grâce à des trajectoires de vol imprévisibles.
  • La portée accrue permet aux lanceurs de frapper des cibles en toute sécurité depuis l’intérieur du territoire russe.
  • Des salves complexes combinent ces missiles avec des drones pour épuiser les réseaux de défense ukrainiens.

Les services de renseignement militaire ukrainiens (HUR) ont récemment indiqué que la Russie avait déployé un missile balistique modifié, désigné sous le nom de 9M723-2, lors d’une attaque contre Kiev.

Iskander-1000

Cette arme, souvent appelée « Iskander-1000 » par les sources ukrainiennes, est une évolution du système Iskander-M.

Elle est particulièrement dangereuse car elle ne suit pas une trajectoire balistique standard. Elle utilise au contraire des commandes gazodynamiques et des surfaces aérodynamiques pour modifier son altitude et sa direction en vol, ce qui la rend extrêmement difficile à intercepter pour les systèmes de défense tels que le Patriot américain.

Portée supplémentaire

L’analyse technique suggère que le 9M723-2 atteint une portée nettement supérieure à celle de son prédécesseur. Alors que la version précédente atteignait une portée maximale d’environ 390 kilomètres, cette nouvelle version pourrait, selon certaines sources, parcourir jusqu’à 550 kilomètres.

Cette extension de la portée est attribuée à un moteur plus puissant et à un nouveau type de propergol solide, qui permet au missile de s’élever jusqu’à 130 kilomètres afin de minimiser la traînée atmosphérique. Par conséquent, le missile nécessite un tube de lancement plus grand, et le poids de sa ogive a été réduit à 300 kilogrammes pour faciliter ces distances plus longues.

Extrêmement maniable

L’avantage stratégique pour Moscou est considérable, car cette portée accrue permet aux lanceurs de rester en profondeur sur le territoire russe ou en Crimée occupée tout en étant capables de frapper des cibles sur la quasi-totalité du territoire ukrainien. Cela met les lanceurs mobiles à l’abri d’une détection et d’une destruction par l’Ukraine.

De plus, l’extrême maniabilité du missile — capable d’effectuer des virages à 25-30 g — rendrait, selon certaines sources, toute interception mécanique pratiquement impossible.

Origines

L’existence de cette arme est évoquée depuis mi-2024, certains rapports non officiels faisant état de portées pouvant atteindre 800 à 1 000 kilomètres. Des preuves concrètes sont apparues fin 2025 grâce à la fuite de dossiers d’acquisition russes indiquant la production d’au moins 18 de ces unités.

Le développement de tels systèmes à portée intermédiaire aurait pris de l’ampleur à la suite de l’effondrement, en 2019, du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.

Combinaison avec des drones

Au cours de campagnes récentes, la Russie a intégré ces missiles balistiques avancés dans des barrages complexes, aux côtés de missiles de croisière et de drones à faible coût. Cette stratégie vise à saturer et à épuiser les réseaux de défense aérienne ukrainiens soutenus par l’Occident.

Bien que le HUR ait confirmé l’utilisation du 9M723-2 cet été, il n’a pas divulgué de détails spécifiques concernant la date exacte de la frappe ni l’ampleur totale des dégâts causés. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus