Principaux renseignements
- La Russie intensifie sa guerre hybride à travers l’Europe en recourant à des cyberattaques, des incendies criminels et des agents infiltrés.
- Par ces attaques, la Russie tente de réduire le soutien apporté à l’Ukraine.
- Les nations européennes renforcent leur détermination malgré l’intensification des tentatives russes visant à fracturer l’unité de l’OTAN.
La Russie intensifie sa guerre hybride à travers l’Europe, ciblant les pays qui apportent une aide financière et militaire à Kiev. Alors que le conflit en Ukraine entre dans son cinquième hiver, le continent est confronté à une recrudescence des opérations clandestines, allant des cyberattaques et des incendies criminels au déploiement de drones armés.
Parmi les incidents récents, on peut citer une tentative d’assassinat déjouée en Pologne visant un citoyen américain d’origine ukrainienne et un incendie suspect dans une usine de drones en Estonie. En Allemagne, la découverte d’un drone chargé d’explosifs près d’un avion-cargo ukrainien à Leipzig a conduit le chancelier Friedrich Merz à avertir que les auteurs de cet acte en subiraient les conséquences.
Réaction de l’Europe
Malgré des mois d’avertissements, les institutions européennes sont restées largement réactives. Des sources proches de ces organisations suggèrent que la stratégie de l’UE reste fondamentalement défensive, se concentrant sur l’atténuation d’incidents isolés plutôt que sur la mise en place d’une dissuasion crédible.
Cette absence de cadre proactif a probablement encouragé le Kremlin à tester les limites de la patience et de la stabilité occidentales alors qu’il mène une guerre d’usure contre l’Ukraine. Agnia Grigas, de l’Atlantic Council, note que, les réponses ayant été défensives, Moscou n’a pas été dissuadé d’intensifier ses provocations.
Passage à la guerre par procuration
Les États-Unis réduisant leur implication directe dans la sécurité européenne, la charge du soutien à l’Ukraine repose désormais principalement sur les pays européens. Alors que le traité de défense collective de l’OTAN garantit l’entraide en cas d’attaque, les tactiques actuelles de la Russie visent à rester en deçà du seuil qui déclencherait une telle riposte militaire.
Afin de préserver une dénégation plausible, Moscou s’est détournée de la diplomatie traditionnelle — à la suite de l’expulsion massive de ses diplomates — pour se tourner vers le recrutement de mandataires via les réseaux sociaux. Par exemple, deux personnes au Royaume-Uni ont récemment été incarcérées pour avoir planifié des incendies criminels contre des biens liés à Keir Starmer, après avoir été recrutées via Telegram par un locuteur russe.
Opérations sous faux pavillon
La portée de ces opérations s’étend, des rapports des services de renseignement suggérant qu’elles se concentrent désormais sur la Pologne et les États baltes. Des responsables lituaniens ont établi un lien entre l’incident impliquant un drone en Allemagne et une précédente tentative d’attentat à la bombe contre un avion-cargo de DHL, tandis que le ministre de la Défense, Robertas Kaunas, a mis en garde contre d’éventuelles opérations « sous faux pavillon » utilisant du matériel ukrainien capturé pour cibler des infrastructures critiques.
Les analystes estiment que ces attaques coordonnées, de faible intensité, visent à briser l’unité de l’UE et de l’OTAN et à affaiblir le soutien politique à Kiev.
Sanctions
En réponse, certains États membres de l’UE plaident en faveur de sanctions plus agressives, notamment des restrictions en matière de visas, l’interdiction du transport de GNL russe et la saisie d’avoirs gelés.
Alors qu’un nouveau train de sanctions visant des centaines d’entités est attendu cet automne, les détracteurs affirment que les mesures précédentes n’ont pas réussi à modifier le comportement de Moscou. Certains experts en sécurité suggèrent que la Russie se tourne vers des actions cinétiques parce que les pressions diplomatiques et économiques n’ont pas mis fin à l’afflux d’armes vers l’Ukraine.
Le soutien à l’Ukraine reste important
L’engagement envers Kiev reste fort, les membres de l’OTAN s’étant engagés à verser 80 milliards de dollars d’aide pour 2026, financés principalement par l’Europe. Le soutien britannique récent, notamment le partage des plans de missiles de croisière, a suscité une vive condamnation de la part du Kremlin, qui accuse le Royaume-Uni de saboter les efforts de paix. Par ailleurs, des informations faisant état de l’utilisation de drones de fabrication britannique sur le territoire russe ont entraîné des menaces de représailles de la part de Moscou.
Malgré ces menaces et la poursuite des attaques — telles que l’incendie criminel d’un entrepôt appartenant à une association caritative lettone —, le Premier ministre finlandais Petteri Orpo affirme que les tentatives de la Russie visant à intimider l’Occident échouent et ne font que renforcer la détermination européenne. (fc)
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