Principaux renseignements
- La Turquie propose son expertise technique pour l’exploration des réserves de pétrole et de gaz syriennes.
- Les deux pays prévoient de mener conjointement des projets d’exploitation minière de phosphate et de développement ferroviaire.
- Grâce à de nouvelles lignes de transport d’électricité, les exportations d’électricité turques vers la Syrie vont tripler.
Lors d’une récente visite diplomatique à Damas, le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a fait part de la volonté de son pays de coopérer avec la Syrie dans l’exploration des ressources en hydrocarbures. C’est ce que rapporte le Daily Sabah.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre syrien de l’Énergie, Mohamed al-Bashir, Bayraktar a indiqué que tant les entreprises privées que la société publique Turkish Petroleum Corporation (TPAO) étaient prêtes à mener des forages terrestres et offshore ainsi que des études sismiques. Il a souligné le vaste potentiel inexploité de pétrole et de gaz naturel sur le territoire et dans les eaux syriennes.
Développement de l’énergie géothermique
Au-delà des combustibles fossiles, la Turquie entend tirer parti de sa position de leader mondial dans le domaine de l’énergie géothermique pour contribuer au développement de la Syrie. Le ministre Bayraktar a laissé entendre que le partage de l’expertise technique dans ce domaine renforcerait la stabilité régionale et aiderait à la reconstruction des infrastructures syriennes.
Cette offre intervient alors que la Turquie étend sa présence internationale dans le secteur de l’énergie. Le pays mène actuellement des opérations en eaux profondes en Somalie et détient des permis d’exploration en Libye.
Coopération dans le secteur minier
Les deux pays ont également étendu leur coopération au secteur minier par le biais d’un protocole d’accord non contraignant concernant le phosphate. Cet accord constitue une première étape vers la création d’une coentreprise visant l’exploitation et le développement de gisements de phosphate.
La vision de ce projet comprend la construction d’un réseau ferroviaire dédié au transport des minerais depuis les mines jusqu’à un port maritime, ce qui débouchera à terme sur une exploitation commerciale à part entière.
Modernisation du réseau électrique
Les infrastructures électriques constituent un autre axe prioritaire de la coopération bilatérale. Les entreprises turques continuent d’investir dans le réseau électrique syrien, la ligne de transport Birecik-Alep devant entrer en service sous peu.
Une fois opérationnelle, cette liaison pourrait presque tripler le volume d’électricité exporté de la Turquie vers la Syrie, pour atteindre environ 900 mégawatts. Le ministre Bayraktar a encouragé davantage de spécialistes turcs dans le domaine de la construction de gazoducs et d’installations de stockage à s’impliquer dans ces projets de reconstruction.
Objectifs de la Syrie
Du point de vue syrien, le ministre al-Bashir a souligné l’importance d’une plus grande diversification de la coopération dans les domaines minier et énergétique. Il a indiqué que la nouvelle ligne à haute tension, dont l’achèvement est prévu fin septembre, stabilisera considérablement l’approvisionnement en électricité d’Alep et des régions environnantes.
Il a par ailleurs estimé que l’accord sur les phosphates conduirait à la création d’usines d’acide phosphorique et d’acide sulfurique, ainsi qu’à la modernisation de la logistique pour le transport des phosphates. (lv)
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