Principaux renseignements
- La Marine américaine doit remplacer les systèmes de lancement électromagnétiques modernes par des catapultes à vapeur obsolètes sur le CVN-81.
- La directive entraîne d’importantes modifications structurelles et perturbe les chaînes d’approvisionnement existantes.
- Les responsables de la Marine prévoient de retarder le projet jusqu’à ce qu’une future administration annule cet ordre.
Une directive exécutive publiée le 13 août impose à la Marine américaine de remplacer les systèmes de lancement électromagnétiques du quatrième porte-avions de classe Ford par des catapultes à vapeur obsolètes.
Cette directive intervient alors qu’aucun système à vapeur de ce type n’a été fabriqué depuis près de deux décennies et que le dernier porte-avions équipé de cette technologie est entré en service il y a dix-sept ans.
Motifs politiques
La décision de revenir à une technologie plus ancienne semble s’inscrire dans la continuité des efforts précédents du président Donald Trump visant à entraver le fonctionnement d’unités navales clés.
En ordonnant cette refonte du CVN-81, tout en autorisant la construction de navires de guerre américains dans des chantiers navals étrangers, l’administration fait courir des risques importants de surcoûts et de retards de production pour la toute nouvelle classe de superporte-avions.
L’évolution de la technologie de lancement
Historiquement, les catapultes à vapeur ont été adoptées dans les années 1950 pour lancer des avions plus lourds et sont toujours utilisées sur la flotte de classe Nimitz.
Cependant, cette technologie a atteint ses limites, se caractérisant par un matériel massif nécessitant beaucoup d’entretien et un faible rendement. Pour résoudre ces problèmes, la classe Ford a été conçue avec le système électromagnétique de lancement d’aéronefs (EMALS).
Cette alternative moderne réduit les contraintes exercées sur la structure des aéronefs, consomme moins d’énergie, occupe moins d’espace et nécessite moins de techniciens. De plus, l’EMALS offre la polyvalence nécessaire pour lancer une large gamme d’aéronefs, y compris des drones légers, améliorant ainsi la flexibilité opérationnelle du navire.
Concurrence mondiale
Bien que l’EMALS ait rencontré des obstacles techniques initiaux et ait contribué à retarder la mise en service des deux premiers navires de la classe, de tels défis sont courants pour les nouvelles technologies complexes.
Ces difficultés de jeunesse n’ont pas freiné les concurrents mondiaux. La France et la Chine ont toutes deux adopté des systèmes électromagnétiques pour leurs porte-avions les plus avancés.
Infrastructures et défis structurels
À l’heure actuelle, cette exigence ne concerne que l’USS Dorris Miller (CVN-81), les trois premiers navires étant déjà trop avancés dans leur processus de construction. La classe Ford ayant été spécialement conçue pour l’EMALS, le passage à un système à vapeur nécessiterait une refonte structurelle fondamentale.
Ce changement est si radical que le CVN-81 deviendrait de fait une classe de navire différente de celle de ses navires jumeaux. De plus, les États-Unis ne disposent pas actuellement de l’infrastructure industrielle ni de la main-d’œuvre qualifiée nécessaires pour construire des systèmes à vapeur, ce qui signifie que la chaîne d’approvisionnement devrait être reconstruite à partir de zéro.
Conséquences logistiques
La Marine considère cette directive comme une catastrophe logistique. Compte tenu de l’absurdité technique de cet ordre, on s’attend à ce que le commandement naval retarde le processus de refonte par le biais de l’inertie bureaucratique jusqu’à la fin du mandat de l’administration.
Par conséquent, cela se traduira probablement par un retard de construction coûteux pour le Dorrie Miller. Cela représente un niveau sans précédent d’ingérence présidentielle dans les détails de l’ingénierie navale, même si l’on s’attend largement à ce qu’une future administration annule cet ordre d’ici janvier 2029.
(at)
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