La Chine intègre l’IA dans ses missiles afin de détecter plus rapidement les avions de combat américains


Principaux renseignements

  • Des chercheurs chinois ont mis au point un système d’IA compact permettant de détecter les avions furtifs grâce à leurs signatures thermiques infrarouges.
  • Un matériel optimisé permet aux missiles d’identifier des cibles en 1,5 milliseconde avec une consommation d’énergie minimale.
  • Les émissions thermiques restent une vulnérabilité critique qui contourne les techniques traditionnelles d’évasion radar.

Des recherches récentes menées par l’Académie chinoise des missiles aériens et l’Institut de technologie de Pékin ont abouti à la création d’un système d’IA compact conçu pour aider les missiles air-air à identifier les signatures infrarouges des avions furtifs. Bien que les F-35 et F-22 soient conçus pour échapper aux radars, ils émettent tout de même de la chaleur due aux frottements aérodynamiques et aux gaz d’échappement de leurs moteurs, ce que cette nouvelle technologie vise à exploiter.

Optimisation de l’IA pour le matériel de missiles

Pour surmonter les défis liés à l’espace et à la puissance limités à bord, l’équipe de développement a considérablement allégé le modèle d’IA. En réduisant les paramètres à environ 16 pour cent de ceux utilisés dans les versions précédentes et en ramenant les besoins en calcul à moins de 20 pour cent, elle a créé un système compatible avec les contraintes strictes du matériel des missiles.

Cette efficacité a été encore renforcée par un accélérateur d’IA spécialisé qui utilise le traitement parallèle et une gestion optimisée des données pour analyser rapidement les images.

Taux de réussite de 90 pour cent

L’efficacité du système a été évaluée à l’aide d’un ensemble de données comprenant 3 245 images infrarouges, parmi lesquelles figuraient des simulations de munitions de type « loitering » et d’avions de chasse furtifs. En conditions de laboratoire, le modèle a démontré une précision de reconnaissance pouvant atteindre 97,1 pour cent, tandis que des tests ultérieurs ont montré un taux de réussite d’environ 90 pour cent. Lors des essais matériels, le processeur a analysé les images en environ 1,5 milliseconde avec une faible consommation électrique de 2,2 watts, permettant au missile de distinguer presque instantanément les avions réels des leurres.

Limites et incertitudes en conditions réelles

Malgré ces résultats prometteurs, les chercheurs ont souligné que les essais reposaient sur des cibles simulées plutôt que sur de véritables avions F-22 ou F-35. Les données spécifiques de ces essais étant classifiées, on ignore encore comment le système se comporterait en situation de combat réelle.

De plus, la présente étude s’est concentrée exclusivement sur les fusées air-air à courte portée, laissant de côté son applicabilité aux missiles sol-air.

Ciblage thermique

Cette avancée met en évidence une vulnérabilité critique de l’aviation furtive : si l’invisibilité radar est possible, les émissions thermiques sont inévitables. L’intégration de processeurs d’IA à haute vitesse dans les têtes chercheuses de missiles pourrait potentiellement transformer ces signatures thermiques en données de ciblage fiables, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des ressources informatiques externes et augmentant la létalité des armes à guidage thermique. (fc)

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