Les CPAS sont confrontés à un déficit de 605 millions d’euros en raison des mesures prises par le gouvernement De Wever


Principaux renseignements

  • D’ici 2027, le gouvernement De Wever devra faire face à un déficit de financement prévu de 605 millions d’euros pour les CPAS.
  • La sous-estimation de la demande d’aide sociale est à l’origine de cette crise budgétaire.
  • Les responsables gouvernementaux doivent trouver davantage de fonds pour maintenir les aides sociales essentielles.

Le gouvernement De Wever fait l’objet de vives critiques pour le sous-financement des Centres publics d’action sociale (CPAS), chargés d’accompagner les personnes ayant épuisé leurs allocations chômage. Un rapport de la commission de suivi révèle un déficit financier considérable, avec un manque à gagner prévu de 605 millions d’euros pour la seule année 2027.

Cadres de compensation insuffisants

Bien que le gouvernement fédéral ait mis en place un cadre de compensation destiné à couvrir la hausse des coûts de personnel, le versement de salaires décents et les mesures incitatives visant à réinsérer les bénéficiaires sur le marché du travail, les fonds alloués sont insuffisants.

Bien que le gouvernement se soit précédemment engagé à couvrir tout déficit, les estimations actuelles indiquent que le déficit s’élargira pour atteindre 646 millions d’euros en 2028 avant de se stabiliser autour d’un demi-milliard d’euros les années suivantes.

Sous-estimation de la demande chez les bénéficiaires d’allocations

Cette crise budgétaire résulte d’une sous-estimation du nombre de personnes qui solliciteraient une aide. Le gouvernement avait prévu que seul un tiers des personnes perdant leurs prestations se tournerait vers le CPAS.

Or, les données de l’ONEM et du Service d’intégration sociale indiquent que 53 pour cent des 99 144 personnes ayant perdu leurs allocations avant juin ont introduit une demande d’aide sociale, et que 44 pour cent d’entre elles ont obtenu un revenu minimum vital. Des disparités régionales sont manifestes : la Wallonie affiche le taux d’acceptation le plus élevé (48,6 pour cent), suivie de Bruxelles (43,9 pour cent) et de la Flandre (34,3 pour cent).

Le besoin urgent de financements supplémentaires

Afin d’atténuer la pression immédiate qui pèse sur ces organismes, la suppression progressive des allocations est mise en œuvre de manière graduelle, en commençant par les personnes au chômage depuis le plus longtemps. Au-delà de la forte augmentation des demandes auprès des CPAS, on observe une hausse notable du nombre de personnes se tournant vers les allocations de maladie. Alors que l’objectif premier de cette politique est de favoriser le retour à l’emploi, beaucoup alternent au contraire entre différents filets de sécurité sociale ou disparaissent des statistiques grâce au soutien de leur partenaire ou à d’autres sources de revenus.

Le gouvernement est désormais chargé de trouver des financements supplémentaires dans le cadre d’un effort plus large visant à résorber un déficit budgétaire de 10 milliards d’euros. À moins que l’administration ne décide de restructurer le niveau d’aide accordée aux organismes OCMW, elle doit se procurer davantage de capitaux pour tenir ses engagements financiers. (fc)

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