Principaux renseignements
- Les nouveaux droits de douane américains auront des répercussions sur les exportations singapouriennes, pour un montant de 9,5 milliards de dollars singapouriens (6,4 milliards d’euros).
- Washington invoque le travail forcé et l’absence d’accords commerciaux comme principales justifications.
- Singapour craint que des interdictions d’importation strictes ne compromettent son statut de plaque tournante du commerce mondial.
Le ministre singapourien du Commerce, Gan Kim Yong, a récemment informé le Parlement que les nouveaux droits de douane américains auront un impact sur environ un tiers des exportations de Singapour vers les États-Unis.
Les droits, adoptés en vertu de l’article 301 de la loi sur le commerce de 1974, visent des marchandises d’une valeur de 9,5 milliards de dollars singapouriens (6,4 milliards d’euros), touchant plus particulièrement les produits chimiques et les équipements optiques. Toutefois, certains secteurs restent exemptés, tels que les produits pharmaceutiques, les semi-conducteurs, les produits aérospatiaux, l’électronique et les produits liés à l’énergie.
Justifications américaines
Les États-Unis ont justifié les mesures en invoquant l’absence d’accord commercial réciproque avec Singapour et l’absence de législation nationale interdisant l’importation de marchandises issues du travail forcé.
Malgré cela, le ministre Gan a souligné qu’aucun des 60 pays concernés – y compris la Chine et l’Union européenne – n’avait bénéficié d’une exemption totale, même ceux disposant déjà d’interdictions relatives au travail forcé.
Préoccupations concernant les contrôles à l’exportation
Singapour soutient qu’il n’existe aucune preuve établissant un lien entre ses activités commerciales et le travail forcé. Tout en envisageant un éventuel accord avec les États-Unis, le gouvernement fait preuve de prudence, car un tel accord pourrait impliquer des restrictions ou des contrôles à l’exportation stricts impliquant des pays tiers.
Gan a souligné que, Singapour étant une plaque tournante du commerce mondial avec des exportations annuelles de marchandises s’élevant à 1 400 milliards de dollars singapouriens (946 milliards d’euros), la mise en œuvre d’interdictions d’importation pourrait entraîner des conséquences économiques considérables.
Balance commerciale
Les données de l’USTR indiquent en outre que les États-Unis ont enregistré un excédent commercial de 3,6 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) avec Singapour en 2025.
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