Les érudits islamiques pakistanais sont divisés sur la question de savoir si la charia autorise la cryptomonnaie


Principaux renseignements

  • Les érudits islamiques pakistanais ne s’accordent pas sur la conformité des cryptomonnaies à la charia.
  • Les responsables gouvernementaux utilisent les actifs numériques comme un outil diplomatique stratégique vis-à-vis des États-Unis.
  • Les régulateurs cherchent à établir une distinction claire entre les jetons spéculatifs et les cryptomonnaies adossées à des actifs.

Les érudits islamiques au Pakistan sont actuellement divisés sur la question de la licéité des cryptomonnaies, ce qui suscite un débat national sur les monnaies numériques. Ce désaccord religieux interne survient alors que le gouvernement pakistanais a utilisé le secteur des cryptomonnaies comme un pont diplomatique stratégique pour renforcer ses relations avec le président américain Donald Trump.

Une divergence dans les avis religieux

Un groupe influent de chefs religieux, dont le mufti Muhammad Taqi Usmani — consultant en charia pour la Meezan Bank, l’une des principales institutions financières du pays —, a rendu le mois dernier un avis stipulant que l’investissement dans les actifs virtuels était contraire aux principes de l’islam.

Cependant, cette position a rapidement été contestée par une autre faction de religieux. Ceux-ci ont invoqué une directive antérieure du mufti Waseem Akhtar Al-Madani, principal religieux du Saylani Welfare International Trust, selon laquelle la plupart des transactions en cryptomonnaies sont acceptables au regard de la loi religieuse.

Diplomatie mondiale

Les tensions autour de ces actifs revêtent une importance particulière compte tenu du statut du Pakistan en tant que marché en pleine expansion pour les monnaies numériques.

Au-delà de l’économie nationale, les cryptomonnaies ont joué un rôle dans la diplomatie internationale. Le Pakistan a tenté d’utiliser ses liens dans le domaine des cryptomonnaies pour faciliter les négociations entre Washington et Téhéran, bien que ces efforts aient finalement échoué. Par ailleurs, Zachary Witkoff, directeur de World Liberty Financial (société liée à Trump), s’est récemment rendu au Pakistan afin de conclure un accord préliminaire non contraignant.

À la recherche d’une clarification réglementaire

En réponse à ces avis religieux contradictoires, Bilal bin Saqib, qui dirige l’Autorité pakistanaise de régulation des actifs virtuels, a exhorté la Jamia Darul Uloom à affiner son point de vue. Il a suggéré que l’école coranique fasse la distinction entre les jetons purement spéculatifs et ceux adossés à des actifs tangibles.

Saqib a récemment révélé sur les réseaux sociaux qu’il avait engagé des dialogues fructueux avec le mufti Usmani concernant le statut juridique des actifs numériques dans le cadre de la charia.

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(ns)

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