Les États-Unis équipent les F-22 de mises à niveau qui contribuent au développement du F-47


Principaux renseignements

  • Le F-22 Raptor sert de banc d’essai essentiel pour le chasseur de nouvelle génération F-47.
  • Des mises à niveau massives améliorent la furtivité, l’autonomie et les capacités de guerre électronique de l’appareil.
  • Des investissements stratégiques réduisent les risques liés aux technologies futures tout en permettant potentiellement d’élargir la flotte de combat active.

Loin de sombrer dans l’obsolescence comme il semblait autrefois voué à le faire, le F-22 Raptor est en train de se transformer en une plateforme de développement essentielle pour son futur successeur, le F-47. Des observations récentes au-dessus du désert de Mojave ont confirmé cette évolution, montrant des Raptors équipés de nacelles avancées de recherche et de poursuite infrarouges ainsi que de réservoirs de carburant externes optimisés pour la furtivité.

Cette évolution s’inscrit dans le cadre d’une initiative stratégique de « viabilité » visant à maintenir l’avantage combatif de l’appareil tout en l’utilisant simultanément comme banc d’essai à faible risque pour les technologies de nouvelle génération.

Investissement dans les mises à niveau numériques et défensives

L’armée de l’air investit massivement dans un programme complet de modernisation du Raptor. Les demandes de financement pour l’exercice 2026 comprennent environ 90 millions de dollars (près de 80 milliards d’euros) destinés à des améliorations telles que le renforcement de la cybersécurité, l’optimisation de la guerre électronique et la modernisation de l’interface pilote.

L’un des éléments clés de cet effort est le système de défense infrarouge, conçu pour détecter les menaces à longue portée, dont la décision de mise en production est attendue d’ici fin septembre. De plus, les pilotes reçoivent enfin les visières de casque Thales Scorpion, comblant ainsi un retard technologique qui persistait depuis deux décennies.

Extension de l’autonomie opérationnelle

Des modifications physiques visent également à pallier le manque d’autonomie historique du F-22. Le nouveau programme « Low Drag Tank and Pylon » (réservoirs et pylônes à faible traînée) introduit des réservoirs de carburant à facettes conçus pour rester fixés pendant les opérations de combat, contrairement aux versions précédentes qui devaient être larguées pour préserver la furtivité. Ces réservoirs, associés à des nacelles de capteurs passifs permettant à l’avion de suivre les ennemis sans révéler sa propre position, représentent un bond en avant significatif en termes d’utilité opérationnelle.

Selon Lockheed Martin, ces avancées sont destinées à être testées sur le Raptor avant d’être intégrées au F-47, ce qui permet de réduire efficacement les risques liés au développement du futur chasseur.

Armement et logiciels

Cette synergie s’étend aux armements et aux logiciels. Le missile AIM-260 JATM fait l’objet d’un développement accéléré pour les deux appareils, garantissant ainsi que le F-47 entre en service avec une arme déjà perfectionnée par le Raptor.

De plus, l’adoption de systèmes de mission ouverts permet des mises à jour logicielles rapides et l’exploration de la collaboration entre appareils pilotés et drones. Cette approche signifie que le F-22 ne se contente pas de maintenir le cap ; il contribue activement à la maturité technologique du chasseur de sixième génération.

Extension potentielle de la flotte

Dans un revirement surprenant par rapport aux plans précédents, l’Armée de l’air pourrait également étendre sa flotte en service. Trente-deux Raptors Block 20, initialement destinés à être retirés du service car limités à des rôles d’entraînement, sont désormais envisagés pour des mises à niveau de combat. Si ce projet se concrétisait, cela marquerait la première augmentation de la flotte de Raptors certifiés pour le combat depuis la fin de la production il y a plus de dix ans.

Les détracteurs affirment que ces dépenses sont malavisées, invoquant les coûts de maintenance élevés du F-22, sa polyvalence limitée et son rayon d’action réduit par rapport à des adversaires tels que le J-20. Il existe également le risque que, si le F-47 arrive comme prévu d’ici 2028, ces modernisations coûteuses n’aient qu’une durée d’exploitation très courte. Cependant, les partisans de ces mises à niveau font valoir que, puisque les États-Unis s’appuient actuellement exclusivement sur le Raptor pour assurer leur suprématie aérienne, ces mises à niveau constituent une police d’assurance essentielle. En utilisant le F-22 comme banc d’essai, l’armée de l’air s’assure que le F-47 ne sera pas un simple projet expérimental, mais un système d’arme perfectionné. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus