Les revenus mondiaux du secteur automobile atteignent un niveau record alors que les bénéfices s’effondrent


Principaux renseignements

  • Les revenus records ne parviennent pas à enrayer la chute mondiale des bénéfices d’exploitation du secteur automobile.
  • Les constructeurs américains tirent parti des mesures de protection nationales pour devancer leurs rivaux allemands en difficulté.
  • Les marques chinoises conquièrent agressivement les marchés européens malgré la baisse de leurs bénéfices nationaux.

Une analyse récente d’EY révèle une divergence marquée au sein du secteur automobile mondial, où des revenus totaux record sont contrebalancés par une forte baisse de la rentabilité globale. Alors que les 18 à 19 plus grands constructeurs mondiaux ont atteint un pic historique de revenus au premier trimestre, dépassant les 502 milliards d’euros, leur bénéfice d’exploitation combiné a chuté d’environ 32 pour cent, atteignant son niveau le plus bas depuis le début de la pandémie en 2020. Cette tendance met en évidence la difficulté croissante de l’ensemble du secteur à convertir des volumes de ventes élevés en bénéfices réels, la marge Ebit collective tombant à seulement 3,5 pour cent.

Reprise de l’industrie américaine

L’industrie automobile américaine connaît actuellement une reprise significative. Des entreprises telles que General Motors, Ford et Tesla ont enregistré des hausses massives de leurs bénéfices d’exploitation, la marge globale du groupe américain s’élevant à 6,9 pour cent.

General Motors a même dépassé Toyota dans le classement mondial des bénéfices. Ce succès est attribué à une combinaison de mesures de protection du marché intérieur et de gains financiers exceptionnels résultant de la suppression des droits d’importation.

Crise du secteur allemand

À l’inverse, les géants automobiles allemands – Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz – sont confrontés à une crise prolongée. Pour la troisième année consécutive, leur chiffre d’affaires combiné a reculé, chutant de 4,3 pour cent pour s’établir à 138 milliards d’euros.

Leurs marges d’exploitation se sont également réduites, reflétant une transformation structurelle plus large. L’expert Constantin Gall note que ces entreprises sont pénalisées par des capacités excédentaires, des investissements massifs dans les logiciels et une transition laborieuse vers les véhicules électriques.

Le défi du marché chinois

Le marché chinois est devenu une source majeure de difficultés pour les marques allemandes. Les ventes en Chine ont chuté de 16 pour cent, et la part de la région dans les ventes totales de véhicules allemands a dégringolé, passant de près de 39 pour cent en 2020 à moins de 28 pour cent.

Ces difficultés sont exacerbées par une économie faible qui freine la demande de voitures de luxe et par une forte préférence des consommateurs locaux pour les marques nationales de véhicules électriques.

Résultats mondiaux mitigés

Les autres acteurs mondiaux affichent des résultats mitigés. Les constructeurs japonais ont subi une forte chute de leurs bénéfices, principalement due à des dépréciations massives sur les projets de véhicules électriques chez Honda et à des pertes chez Toyota, bien que des marques plus modestes comme Suzuki et Mazda aient enregistré de légers gains.

Parallèlement, les constructeurs automobiles chinois sont confrontés à leurs propres difficultés, avec des bénéfices d’exploitation en baisse de 43 pour cent. Malgré cela, les marques chinoises se développent de manière agressive en Europe, où leurs ventes ont augmenté de 155 pour cent, ce qui annonce un changement dans le paysage concurrentiel.

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