Les frais liés aux paiements numériques pèsent lourdement sur les commerçants belges, selon une étude de SPF Économie


Principaux renseignements

  • Les frais liés aux paiements numériques constituent une charge financière importante et souvent opaque pour les commerçants belges.
  • Les petites entreprises sont les plus touchées par le manque de transparence des structures tarifaires.
  • La hausse des frais des systèmes de paiement internationaux et la popularité des portefeuilles mobiles menacent les marges bénéficiaires futures.

Alors que les transactions numériques sont devenues le principal moyen de paiement des consommateurs en Belgique, la charge financière qui pèse sur les commerçants reste importante. De plus, cette charge est souvent opaque. Une récente enquête menée par l’Observatoire des prix du SPF Économie met en évidence une disparité flagrante. Cela a été annoncé par le service gouvernemental dans un communiqué de presse.

L’anatomie des frais de service aux commerçants

Pour les entreprises, le coût lié à l’acceptation des paiements numériques va bien au-delà de la simple acquisition ou location de matériel. Les commerçants doivent s’y retrouver dans un réseau complexe de frais. Il s’agit des frais d’installation et de maintenance, ainsi que des coûts spécifiques aux transactions. Ces « frais de service aux commerçants » sont généralement répartis en trois catégories : les paiements à la banque (commissions d’interchange), les frais prélevés par le réseau de paiement (tel que Bancontact) et les frais de service versés à l’acquéreur.

Disparités tarifaires et le fossé des petites entreprises

L’étude révèle que la tarification est loin d’être uniforme. Les transactions en ligne entraînent généralement des frais plus élevés que celles effectuées dans les magasins physiques. De plus, alors que les cartes de débit Bancontact restent l’option la plus abordable, les cartes de débit Visa et Mastercard sont plus coûteuses, et les transactions par carte de crédit représentent la méthode la plus onéreuse pour les vendeurs.

Les propriétaires de petites entreprises sont particulièrement désavantagés par un manque de transparence. Ils sont souvent confrontés à des modèles de tarification forfaitaires qui masquent les différents éléments de coût. À l’inverse, les grandes entreprises ont généralement accès à des ventilations détaillées. En moyenne, ces coûts liés aux paiements électroniques représentent entre 0,2 pour cent et 0,9 pour cent du chiffre d’affaires total d’un commerçant.

Le coût élevé des titres sociaux

L’étude établit également une distinction entre les paiements par carte standard et les titres sociaux, tels que les tickets-restaurant. Le modèle financier des tickets-restaurant est différent, car l’émetteur gère souvent à la fois l’émission et l’acquisition. Il en résulte des frais administratifs plus élevés pour le commerçant, s’élevant généralement entre 1,05 pour cent et 1,35 pour cent pour ceux affiliés à des fédérations professionnelles. Le traitement des tickets-restaurant est donc plus coûteux que celui des cartes de débit standard.

Du point de vue des entreprises, la rentabilité de ces services varie considérablement. Entre 2020 et 2024, les émetteurs de titres sociaux ont enregistré une marge opérationnelle médiane de 27,4 pour cent. Ils surpassaient largement les systèmes de paiement (11,6 pour cent) et les prestataires de services (6,0 pour cent).

Défis futurs et évolutions technologiques

À l’avenir, le coût d’exploitation devrait augmenter en raison des nouvelles évolutions technologiques. L’essor des portefeuilles mobiles tels que Google Pay et Apple Pay, qui s’appuient sur des réseaux mondiaux, pourrait entraîner une hausse des dépenses. De plus, les « frais de système » des réseaux internationaux sont en augmentation.

Contrairement aux commissions d’interchange bancaires, ceux-ci ne sont pas plafonnés par la loi. L’Observatoire des prix conclut que le maintien du contrôle des coûts et de la transparence reste un défi majeur pour les détaillants belges, en particulier les petites entreprises, à l’ère de l’évolution numérique rapide. (fc)

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