Principaux renseignements
- Les prix de gros de l’électricité ont atteint un pic annuel en raison de la forte demande en climatisation.
- Les coûts énergétiques ont dépassé les 445 euros par mégawattheure lors d’une soirée de jeudi sans vent.
- Seuls les clients disposant de contrats à tarification dynamique subissent un impact financier direct de ces pics.
Les coûts de l’électricité sur le marché de gros ont atteint un nouveau pic annuel cette semaine, les prix pour les livraisons de jeudi soir dépassant les 350 euros par mégawattheure. Selon les données de la plateforme européenne Entso-e, analysées par l’Écho, de brèves flambées ont même fait grimper les coûts au-delà de 445 euros. Ce phénomène, connu sous le nom de « pic de climatisation », reflète une tendance similaire observée lors de la vague de chaleur de l’été dernier.
Fortes fluctuations des prix quotidiens
La volatilité des prix tout au long de la journée de jeudi a été frappante. Alors que l’électricité s’échangeait pour presque rien ou à des montants très faibles entre 10 h et 15 h, les coûts ont grimpé en flèche entre 20 h et 22 h. Au cours de cette plage horaire en soirée, les tarifs ont plus que triplé par rapport à la moyenne quotidienne de 117 euros et ont dépassé de plus de quatre fois la moyenne annuelle globale.
Cette flambée s’explique par une augmentation simultanée de la demande en systèmes de climatisation et une baisse de la production d’énergie éolienne et solaire pendant les soirées chaudes. Bien que ce phénomène soit moins extrême que les pics de 500 euros observés en juillet dernier, il est sans précédent pour un mois de mai ; les prix de gros n’avaient jamais dépassé 300 euros par mégawattheure au cours de ce mois auparavant. Depuis le début de l’année 2023, seules onze autres heures ont été plus chères que ce jeudi soir.
Variations régionales en Europe
Des tendances de prix similaires ont été observées au Luxembourg, en Allemagne et aux Pays-Bas. À l’inverse, la France n’a pas connu ce pic, en grande partie parce que son réseau électrique repose largement sur l’énergie nucléaire.
Joannes Laveyne, spécialiste en énergie à l’UGent, estime que ces fluctuations persisteront pendant les périodes chaudes et sans vent. Il note que si le stockage par batterie augmente pour capter l’énergie solaire diurne et atténuer les pics, la sortie simultanée des centrales à gaz du marché revient simplement à troquer un type de flexibilité du réseau contre un autre.
Impact sur les factures d’énergie des consommateurs
Pour la plupart des ménages, ces fluctuations sur le marché de gros ont peu d’effet immédiat. Ceux qui ont des contrats à tarif fixe ne sont pas affectés, et ceux qui ont des contrats à tarif variable ne verront qu’un impact mineur sur leurs factures en raison de la brièveté de ces pics. Seuls les consommateurs ayant des contrats à tarification dynamique ressentiront l’impact financier direct de ces hausses sur le marché de gros. (fc)
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