L’Union européenne débat de la suspension de l’accord d’association avec Israël


Principaux renseignements

  • L’Union européenne est divisée sur la question de la suspension de son accord de coopération avec Israël, en raison des inquiétudes suscitées par les actions de ce dernier.
  • L’Allemagne prône la poursuite du dialogue avec Israël malgré l’escalade des tensions et les appels à des mesures plus sévères.
  • La suspension de certaines parties de l’accord, telles que les dispositions commerciales, semble plus probable qu’une suspension totale nécessitant un vote à l’unanimité.

Les inquiétudes concernant les actions d’Israël à Gaza, au Liban et en Cisjordanie ont déclenché un débat au sein de l’Union européenne concernant son accord de coopération avec Israël. Alors que l’Espagne et l’Irlande ont pris l’initiative de proposer la suspension de l’ensemble de l’accord, l’Allemagne s’est opposée à cette mesure, la jugeant « inappropriée ».

Position allemande

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a souligné l’importance d’un dialogue ouvert avec Israël pour aborder les questions cruciales. Il a insisté sur le fait que la critique constructive est essentielle pour défendre les valeurs communes.

La récente invasion israélienne du Liban et une nouvelle loi imposant la peine de mort aux Palestiniens en Cisjordanie occupée ont encore tendu les relations entre Israël et plusieurs États membres de l’UE. Cette tension fait suite à un mécontentement croissant face au comportement d’Israël pendant la guerre de Gaza.

Inquiétudes croissantes

La ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee, plaide en faveur de mesures énergiques pour protéger les valeurs fondamentales. Elle souligne à cet égard le nombre élevé de victimes civiles à Gaza, une situation qu’elle juge inacceptable. L’année dernière, l’UE a proposé diverses mesures visant à demander des comptes à Israël, notamment la rupture des relations commerciales ou l’imposition de sanctions à l’encontre de responsables israéliens. Cependant, ces propositions n’ont pas encore recueilli un soutien suffisant de la part des États membres.

La suspension de l’ensemble de l’accord de coopération UE-Israël nécessite l’approbation unanime des 27 États membres, un scénario peu probable compte tenu du fort soutien dont bénéficie Israël dans certains pays. Une option plus réaliste pourrait être de suspendre le volet commercial de l’accord, ce qui ne nécessite qu’un vote à la majorité pondérée. Cela impliquerait un changement de position de la part d’acteurs clés tels que l’Allemagne et l’Italie.

Les sanctions contre Israël ne suscitent pas un large soutien

Alors que Rome a déjà adopté une approche plus ferme en suspendant un accord de défense avec Israël, les responsables de l’UE estiment qu’une action plus large contre Israël ne bénéficie pas d’un soutien suffisant, en particulier après le cessez-le-feu au Liban.

La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué que des mesures supplémentaires pourraient être prises si l’opinion des États membres venait à évoluer. Par ailleurs, la France et la Suède ont réitéré leurs appels à l’UE pour qu’elle envisage de suspendre les importations de marchandises provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, jugées illégales au regard du droit international. (fc)

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