Principaux renseignements
- Le système obsolète de réservation en Europe freine les voyageurs dans leur choix de transports durables.
- Le manque d’informations et la disponibilité limitée des billets rendent la réservation de trajets internationaux complexe.
- La forte demande pour des systèmes simplifiés montre le potentiel de croissance du rail via une meilleure accessibilité.
Un rapport récent du groupe de réflexion Transport & Environment (T&E) révèle que le système de réservation de billets de train obsolète en Europe entrave les efforts visant à réduire les émissions de carbone liées au transport aérien. L’analyse s’est concentrée sur les 30 liaisons aériennes internationales les plus fréquentées au sein de l’UE, à l’exclusion des destinations insulaires et des trajets de plus de 1 500 km. Il est choquant de constater que, pour 20 pour cent de ces liaisons, les passagers ne pouvaient pas acheter de billets couvrant l’intégralité du trajet.
Disponibilité limitée des billets
Par ailleurs, les billets pour 27 pour cent des itinéraires supplémentaires ne s’avéraient disponibles qu’auprès d’une seule compagnie ferroviaire. Le rapport expose ainsi un problème structurel : les grands transporteurs omettent souvent d’afficher ou de vendre les liaisons transfrontalières et les tarifs moins chers de leurs concurrents. Ce manque de transparence et d’accessibilité constitue un obstacle pour les voyageurs au sein de l’Europe. En fait, les consommateurs soucieux de l’environnement sont ainsi découragés de choisir le train comme alternative à l’avion.
Système de billetterie obsolète
Selon Brian Caulfield, chercheur en transports au Trinity College de Dublin, ce système « de l’âge de pierre » rend structurellement difficile pour les passagers de choisir l’option la plus écologique. Le rapport met également en lumière les habitudes de réservation des passagers. Les voyageurs utilisent généralement les sites web des opérateurs dominants dans leurs pays respectifs, tels que la Deutsche Bahn en Allemagne ou la SNCF en France.
Ces opérateurs historiques vendent toutefois rarement les billets de leurs concurrents sur 86 pour cent des lignes ouvertes à la concurrence. De plus, ils n’affichent même pas les options alternatives sur 59 pour cent de ces trajets. Ce manque de visibilité empêche les passagers d’accéder à des trajets en train potentiellement moins chers et plus pratiques.
Les voyageurs évitent les longs trajets en train
L’année dernière, un sondage mené par T&E a révélé que plus de 60 pour cent des voyageurs ferroviaires longue distance avaient renoncé à certains trajets en raison de difficultés de réservation. Plus de 40 pour cent se sont dits prêts à voyager en train plus fréquemment si la réservation des billets était simplifiée. La Commission européenne s’apprête à dévoiler un paquet de mesures sur la billetterie unique le 13 mai, visant à rationaliser les voyages ferroviaires transfrontaliers et à renforcer la protection des consommateurs.
Cette initiative s’inscrit dans la lignée d’un rapport de Greenpeace publié en août qui analysait 109 itinéraires transfrontaliers en Europe, concluant que les trains n’offraient des tarifs compétitifs que sur 39 pour cent de ces itinéraires. Le rapport de T&E renforce encore l’urgence d’améliorer les systèmes de billetterie, soulignant que la transparence des prix est cruciale pour encourager les passagers à choisir le train plutôt que l’avion pour les trajets court-courriers. (fc)
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