Principaux renseignements
- TakeMe2Space a levé 55 millions de dollars en financement d’amorçage pour développer des centres de données en orbite terrestre basse.
- La start-up vise à réduire les coûts et la latence dans l’observation de la Terre en permettant le calcul par IA directement sur les satellites.
- L’intégration verticale et l’accent mis sur des applications de niche positionnent TakeMe2Space pour réussir malgré la concurrence d’acteurs plus importants.
TakeMe2Space, une start-up basée à Hyderabad, en Inde, a récemment levé 55 millions de dollars (47 millions d’euros) en capital de démarrage pour développer des centres de données en orbite terrestre basse. Le tour de financement a été mené par Chiratae Ventures, avec la participation d’Unicorn India Ventures, d’Artha Venture Fund et de SeaFund.
L’infrastructure orbitale
Le fondateur de l’entreprise, Ronak Kumar Samantray, un entrepreneur SaaS chevronné qui avait précédemment vendu sa société NowFloats Technologies à Reliance Industries, envisage un avenir où les enjeux économiques du calcul par intelligence artificielle (IA) et de la souveraineté des données convergent pour créer un marché viable pour l’infrastructure orbitale.
TakeMe2Space a déjà lancé un cubesat à bord de la fusée PSLV indienne et prévoit de déployer un cubesat plus grand, équipé d’un module Nvidia Jetson, via un vol partagé sur une fusée SpaceX Falcon plus tard cette année. Cette stratégie vise à prouver la viabilité d’une unité unique – un « centre de données orbital d’un gigawatt » – capable de fonctionner efficacement dans l’environnement difficile de l’espace.
Adapter l’informatique terrestre à l’espace
Contrairement au cloud computing terrestre traditionnel, qui repose sur des racks haute puissance pour le calcul à grande échelle, TakeMe2Space vise à démontrer qu’une approche similaire peut être adaptée au déploiement orbital. L’entreprise se concentre sur les charges de travail liées à l’observation de la Terre, où l’analyse des données peut s’effectuer directement sur le satellite, minimisant ainsi les coûts de bande passante et la latence associés à la transmission des données brutes vers la Terre.
Leur plateforme OrbitLab permet aux clients de télécharger des modèles d’IA et de payer à l’utilisation, ce qui pourrait entraîner des réductions de coûts significatives pour les tâches d’observation de la Terre. Les premiers succès obtenus avec l’exécution d’inférences d’IA sur leur premier cubesat démontrent la faisabilité de leur modèle commercial.
Infrastructures spatiales
Plusieurs facteurs viennent étayer la vision de TakeMe2Space : le coût élevé du téléchargement de vastes quantités de données depuis les satellites d’observation de la Terre ; la vulnérabilité croissante des centres de données terrestres face aux menaces géopolitiques ; et le besoin grandissant d’une infrastructure informatique robuste pour soutenir les futures explorations humaines au-delà de la Terre.
TakeMe2Space se distingue par son intégration verticale, concevant et fabriquant la plupart des composants des satellites en interne, tirant parti des coûts de main-d’œuvre moins élevés en Inde et améliorant les chaînes d’approvisionnement électroniques nationales. Cette approche contribue à atténuer les risques liés à la fluctuation des prix de lancement.
Le lancement prochain du cubesat Jetson constitue une étape cruciale. La réussite de l’exécution de charges de travail d’inférence significatives sur cette plateforme validerait la technologie de TakeMe2Space et ouvrirait la voie à de futurs financements. Si l’entreprise cible initialement un marché de niche, son ambition à long terme réside dans la construction de centres de données orbitaux à l’échelle du gigawatt, capables de servir diverses applications. (fc)
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