Principaux renseignements
- Le gouvernement de coalition allemand est confronté à des tensions internes concernant un projet de construction de nouvelles centrales électriques au gaz.
- Le Parti social-démocrate s’oppose à ce projet, arguant qu’il privilégie le gaz au détriment du développement des énergies renouvelables.
- Des inquiétudes sont également soulevées concernant les liens étroits entre la ministre de l’Économie, Katherina Reiche, et le secteur des services publics.
L’ambitieux projet allemand de construction d’un réseau de centrales à gaz se heurte à la résistance de son partenaire de coalition, le Parti social-démocrate (SPD). Craignant que cette promotion du gaz ne freine le développement des énergies renouvelables, le SPD entend bloquer le projet de loi actuellement en cours d’élaboration par le ministère de l’Économie.
Préoccupations relatives aux énergies renouvelables
Le ministère de l’Environnement, dirigé par le SPD, insiste pour que la législation contienne des dispositions favorisant le développement des énergies renouvelables dans d’autres domaines avant de donner son accord. Ce désaccord pourrait retarder davantage un processus législatif déjà en cours depuis trois ans. L’objectif principal de cette législation est d’assurer la stabilité de l’approvisionnement en électricité de l’Allemagne grâce à des centrales au gaz lorsque les sources renouvelables telles que l’éolien et le solaire sont insuffisantes.
L’adoption de ce paquet législatif est cruciale pour lancer, plus tard dans l’année, des enchères visant à subventionner ces nouvelles centrales.
Priorité au gaz par rapport aux alternatives
Alors que l’Allemagne devrait bénéficier de la flexibilité offerte par l’énergie au gaz, la ministre de l’Économie, Katherina Reiche, a été critiquée pour avoir donné la priorité aux centrales à gaz par rapport à des technologies alternatives telles que les batteries ou les solutions de réponse à la demande. Des inquiétudes ont été soulevées concernant les liens étroits de Mme Reiche avec l’industrie, citant notamment un cas où elle a sollicité l’avis de la compagnie d’électricité EnBW Baden-Württemberg AG et s’est fortement appuyée sur ses arguments en faveur des centrales à gaz plutôt que des batteries.
Cette démarche aurait contourné les réglementations exigeant que de telles interactions soient consignées dans un registre des lobbyistes. Le ministère de l’Économie a défendu sa pratique, affirmant que la collecte des avis des parties prenantes est une procédure standard lors de l’élaboration de la législation.
Subventions aux énergies renouvelables
Les dérogations demandées par le ministère de l’Environnement concernent un projet de loi distinct visant à remédier aux retards d’approvisionnement au sein du réseau électrique. Ce projet de proposition suggère que les parcs solaires et éoliens situés dans des zones de congestion du réseau ne devraient plus recevoir de compensation pendant les périodes de restriction de l’alimentation électrique.
Alors que le ministre de l’Environnement, Carsten Schneider, avait précédemment déclaré qu’un tel projet ne faisait pas l’objet d’un consensus au sein du gouvernement, Mme Reiche a réitéré son soutien à la réduction des subventions aux énergies renouvelables dans un article récent. Le ministère de l’Économie a annoncé l’introduction imminente de la législation, tandis que le ministère de l’Environnement a renvoyé les demandes de renseignements au ministère des Finances, qui a refusé de commenter. (fc)
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