Banque centrale indienne maintient son taux directeur face aux craintes inflationnistes alimentées par la guerre en Iran


Principaux renseignements

  • La Banque centrale indienne (RBI) a maintenu son taux d’intérêt de référence à 5,25 pour cent en raison des craintes croissantes d’inflation liées au conflit en Iran.
  • L’impact de la guerre sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement menace à la fois la croissance économique de l’Inde et sa lutte contre l’inflation.
  • Malgré la forte croissance de l’Inde, le conflit en cours fait peser des risques baissiers importants sur les taux de croissance prévus pour l’année à venir.

La Banque centrale indienne (RBI) a décidé de maintenir son taux directeur à 5,25 pour cent, invoquant des inquiétudes concernant la hausse de l’inflation alimentée par le conflit en cours en Iran et les risques potentiels pour la croissance économique. Cette décision est conforme aux attentes du marché. Le gouverneur de la RBI, Sanjay Malhotra, a souligné que l’intensité et la durée de la guerre, ainsi que les dommages causés aux infrastructures énergétiques, constituent une menace tant pour l’inflation que pour l’expansion économique de l’Inde.

Prévisions de croissance révisées

La RBI a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB réel pour les trimestres d’avril à juin et de juillet à septembre, invoquant la hausse des prix de l’énergie et des matières premières ainsi que les perturbations de l’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz. Alors que l’inflation à la consommation a atteint 3,21 pour cent en février, Malhotra a assuré que les prix des denrées alimentaires resteraient stables à court terme. Il a toutefois averti que la flambée des coûts énergétiques due au conflit au Moyen-Orient pourrait exacerber les pressions inflationnistes.

Malgré la trajectoire de croissance impressionnante de l’Inde et sa position de grande économie à la croissance la plus rapide au monde, les inquiétudes concernant l’impact de la guerre en Iran ne cessent de croître. Le conseiller économique en chef, Venkatramanan Anantha Nageswaran, avait précédemment averti que le taux de croissance prévu de 7,0 pour cent à 7,4 pour cent pour l’exercice financier se terminant en mars 2027 était confronté à d’importants risques de baisse en raison de la hausse des coûts énergétiques et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement découlant du conflit.

Ralentissement de l’activité du secteur privé

La guerre a perturbé des routes commerciales cruciales, entraînant une hausse des prix à l’importation et des coûts logistiques. Un accord de cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l’Iran offre un répit, permettant le passage en toute sécurité des navires dans le détroit d’Ormuz pendant les deux prochaines semaines. Cependant, l’incertitude demeure.

Des données récentes révèlent un ralentissement de l’activité du secteur privé en Inde, ce qui suggère des inquiétudes croissantes quant à l’impact de la guerre sur la croissance économique. Alors que l’inflation devrait rester inférieure à 6 pour cent, les économistes anticipent que les risques potentiels pour la croissance sont plus importants. La RBI pourrait choisir de maintenir son orientation politique actuelle, à moins que d’autres banques centrales ne relèvent leurs taux ou que la pression sur la roupie indienne ne s’intensifie, auquel cas des hausses de taux pourraient être utilisées pour gérer les risques du secteur extérieur. (fc)

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