Principaux renseignements
- Le conflit au Moyen-Orient menace les livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitant par le détroit d’Ormuz.
- La Turquie propose d’utiliser ses pipelines existants et d’en construire de nouveaux pour transporter le pétrole et le gaz du Moyen-Orient vers l’Europe.
- Si la Turquie offre une solution prometteuse à moyen terme, les infrastructures actuelles limitent sa capacité à remplacer pleinement le détroit d’Ormuz à court terme.
Le récent conflit au Moyen-Orient a entraîné de graves perturbations dans le détroit d’Ormuz, une voie cruciale pour le transport mondial de pétrole et de gaz. Ces perturbations ont intensifié la recherche de corridors énergétiques alternatifs, la Turquie émergeant comme une plaque tournante potentielle.
Bien que le détroit n’ait pas été officiellement fermé, les autorités iraniennes ont imposé des restrictions strictes au trafic maritime, ce qui a eu un impact significatif sur les opérations maritimes. En conséquence, environ 15 millions de barils de pétrole brut transportés quotidiennement sont menacés, ce qui fait grimper les prix mondiaux du pétrole et du gaz.
Proposition de la Turquie
Bien que des mesures d’urgence, telles que la libération des réserves stratégiques, aient été mises en œuvre, les inquiétudes concernant un conflit prolongé persistent. Ainsi, les experts soulignent la capacité limitée des voies de contournement existantes passant par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ils mettent aussi en avant le rôle potentiel de la Turquie pour relever ce défi.
Le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a proposé d’utiliser l’oléoduc reliant l’Irak à la Turquie. Ainsi, cet oléoduc pourrait transporter jusqu’à 1,5 million de barils par jour. Il l’a déclaré lors d’une interview accordée à l’agence de presse Anadolu. Par ailleurs, il a suggéré un projet de gazoduc. Celui-ci acheminerait le gaz du Qatar vers la Turquie, puis vers l’Europe. Enfin, ce projet offrirait une alternative stratégique aux livraisons de GNL perturbées par la fermeture du détroit d’Ormuz.
Options à long terme
Les options à long terme incluent le transport des ressources pétrolières vers Hatay, en Turquie, via des oléoducs. Ainsi, même si des itinéraires alternatifs existent pour le pétrole, le réacheminement du GNL reste plus complexe. Cela s’explique par le rôle central du détroit d’Ormuz dans le transport maritime de GNL. Par ailleurs, la visibilité croissante de la Turquie comme corridor énergétique se confirme. Elle se manifeste par l’augmentation des exportations via l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan. Elle se traduit aussi par la hausse des livraisons de gaz russe via TurkStream.
Les experts estiment que la Turquie pourrait offrir une alternative à moyen terme. Ainsi, elle renforcerait sa position de pays de transit entre les grandes régions énergétiques. Toutefois, ses infrastructures actuelles restent limitées. Elles ne lui permettent pas de compenser pleinement des perturbations majeures de l’approvisionnement à court terme.
Alors que les pays s’efforcent de diversifier leurs sources d’approvisionnement et leurs voies de transport, la Turquie est prête à jouer un rôle de plus en plus important dans l’avenir du commerce mondial de l’énergie. Claudia Kemfert, directrice du département Énergie, Transports et Environnement à l’Institut allemand de recherche économique, a déclaré lors d’un entretien avec l’agence de presse turque Anadolu qu’une perturbation prolongée dans le détroit d’Ormuz entraînerait une nouvelle hausse des prix mondiaux du pétrole et du GNL.
(jw)(fc)
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