Principaux renseignements
- Les banques centrales ont acheté au total 19 tonnes d’or en février, signe d’une confiance inébranlable dans ce métal précieux.
- La Banque nationale de Pologne a mené les achats avec 20 tonnes.
- Les marchés émergents et les pays africains diversifient de plus en plus leurs réserves en y intégrant de l’or.
Les achats d’or par les banques centrales ont repris de plus belle en février, atteignant un total net de 19 tonnes, après un mois de janvier plus calme. C’est ce qui ressort des derniers chiffres publiés par le World Gold Council. Bien que ce chiffre soit inférieur à la moyenne mensuelle des achats de 26 tonnes enregistrée en 2025, il témoigne d’un engagement constant en faveur de l’or en tant qu’actif de réserve.
La Pologne en tête
La Banque nationale de Pologne a été la plus active en matière d’achats en février, avec une acquisition de 20 tonnes. Ses réserves totales d’or ont ainsi atteint 570 tonnes. Selon le gouverneur Adam Glapiński, la banque s’est fixé un objectif ambitieux de 700 tonnes. Le gouverneur avait également proposé auparavant un plan visant à générer 13 milliards de dollars pour la défense en vendant éventuellement une partie des réserves d’or existantes.
Parmi les autres acheteurs notables en février figurait notamment la Banque centrale d’Ouzbékistan, qui a acheté 8 tonnes, portant ainsi ses réserves totales d’or à 407 tonnes. La Bank Negara Malaysia a manifesté un regain d’intérêt pour l’or et a acheté 2 tonnes supplémentaires en février, ce qui porte le total à 5 tonnes depuis le début de l’année.
Tendances d’achat
La Banque nationale tchèque et la Banque populaire de Chine ont également maintenu un comportement d’achat constant. La République tchèque a atteint les 75 tonnes, tandis que la Chine a enregistré son 16e mois consécutif d’achats, portant ainsi son stock d’or à 2 308 tonnes.
À l’inverse, la Turquie et la Russie ont enregistré en février les plus fortes baisses de leurs réserves d’or. Dans le cas de la Turquie, cette baisse semblait liée à une diminution des avoirs du Trésor plutôt qu’à celle des réserves de la banque centrale. La banque centrale turque s’est toutefois montrée très active en mars, utilisant environ 50 tonnes de ses réserves d’or à des fins de liquidité et pour des opérations de change.
Diversification de l’or
La tendance à la diversification vers l’or ne se limite pas aux acheteurs traditionnels. Les banques centrales africaines reconnaissent de plus en plus la valeur stratégique de l’or. Il y a deux ans, la Banque d’Ouganda a lancé un programme national d’achat d’or, dans le but d’acquérir au moins 100 kilogrammes auprès de producteurs locaux entre mars et juin. Cette initiative vise à renforcer les réserves et à limiter les risques liés aux marchés financiers internationaux.
Kamau Thugge, gouverneur de la Banque centrale du Kenya, a exprimé des intentions similaires. Cela témoigne d’une tendance plus large parmi les banques centrales africaines à intégrer l’or dans leurs portefeuilles de réserves. L’activité observée en février témoigne de l’importance persistante de l’or dans le système monétaire mondial. Des acheteurs établis comme la Pologne continuent d’afficher une forte demande, tandis que les achats soutenus provenant de marchés émergents tels que l’Ouzbékistan, la Chine et la Malaisie renforcent cette tendance. L’émergence de nouveaux acteurs d’Asie du Sud-Est et d’Afrique souligne une fois de plus l’attrait croissant de l’or en tant que valeur refuge et instrument de réserve stratégique. (ev)
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