Principaux renseignements
- La France prévoit une augmentation spectaculaire de 400 pour cent de ses stocks de missiles et de drones d’ici 2030.
- Cette augmentation massive des stocks de munitions vise à reconstituer les stocks épuisés et à se préparer à d’éventuels conflits futurs.
- Bien qu’elle se concentre sur la production d’armes, la France n’augmentera pas ses effectifs militaires.
La France renforce considérablement ses capacités en matière de missiles et de drones dans le cadre d’une stratégie de défense de plusieurs milliards d’euros. Cette décision fait suite aux conflits en cours en Ukraine et au Moyen-Orient, qui ont mis en évidence l’épuisement rapide des munitions lors de combats intenses.
Stocks de missiles et de drones
Politico a pu consulter un projet de loi sur la planification militaire. Celui-ci dévoile le plan ambitieux de la France visant à multiplier par quatre ses stocks de missiles et de drones d’ici 2030. Cette mesure stratégique vise à reconstituer les stocks existants et à remplacer les missiles de défense aérienne utilisés par l’armée de l’air française pour repousser les attaques de drones iraniens dans la région du Golfe.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment souligné l’urgence d’augmenter les stocks de munitions. Il s’est ainsi fait l’écho des inquiétudes plus générales en Europe concernant un éventuel conflit avec la Russie d’ici la fin de la décennie. La loi de programmation militaire révisée, qui sera présentée le 8 avril, prévoit 8,5 milliards d’euros pour les drones et les missiles d’ici 2030.
Éventuelle « économie de guerre »
Ce cadre financier pluriannuel définit des objectifs en matière d’acquisition et de développement, en mettant l’accent sur la préparation à une éventuelle « économie de guerre ». Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les pays européens ont accéléré le renforcement de leurs capacités de défense, en investissant des milliards dans l’armement.
Cette tendance s’est intensifiée après la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, qui a suscité des inquiétudes quant à l’avenir de l’OTAN et à l’engagement des États-Unis envers la sécurité européenne. La loi de programmation militaire française prévoit des augmentations substantielles des dépenses de défense : 63,3 milliards d’euros en 2027, 68,3 milliards d’euros en 2028, 72,8 milliards d’euros en 2029 et 76,3 milliards d’euros en 2030.
Les objectifs ambitieux de la France comprennent une augmentation de 400 pour cent des munitions de type « loitering » (telles que les drones kamikazes), une hausse de 240 pour cent des bombes guidées AASM Hammer fabriquées par Safran, et une augmentation de 30 pour cent des missiles Aster et Mica produits par MBDA. Cette forte hausse de la demande intervient alors que le gouvernement français et l’industrie discutent de la nécessité d’accroître la production de masse d’armes.
Capacité de production
Alors que les fabricants d’armes affirment que le gouvernement doit passer davantage de commandes, ce dernier exhorte les entreprises à investir dans leurs capacités de production avant de finaliser les contrats. Le PDG de MBDA, Éric Béranger, a récemment annoncé une augmentation prévue de 40 pour cent de la production de missiles cette année, incluant le doublement de la production de missiles Aster.
Au-delà des munitions, le projet de plan indique que la France n’a pas l’intention d’augmenter ses effectifs militaires. Il n’est pas prévu d’acquérir de nouveaux avions de combat Rafale ni de nouvelles frégates, malgré les engagements pris précédemment par le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre Lecornu.
Développement d’un nouveau char
La France envisage toutefois de développer un nouveau char pour remplacer l’actuel Leclerc. Elle souhaite ainsi répondre aux inquiétudes concernant d’éventuels retards dans le programme franco-allemand « Main Ground Combat System » et répondre au besoin d’une solution provisoire lorsque les chars Leclerc arriveront en fin de vie.
Le projet suggère également que la France a mis fin au projet Eurodrone en raison de retards importants. Le projet Eurodrone concerne un avion de reconnaissance sans pilote à longue portée, développé en collaboration avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Bien que le plan actuel s’étende jusqu’en 2030, on s’attend à ce que le successeur de Macron élabore un nouveau plan après les élections présidentielles de 2027.
Augmentation des dépenses de défense
Il convient de noter qu’il existe un large consensus en France quant à la nécessité d’augmenter les dépenses de défense. Même le leader d’extrême droite et candidat à la présidence Jordan Bardella préconise de consacrer 3,5 pour cent du PIB aux dépenses militaires, conformément aux objectifs de l’OTAN. (ev)
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