Principaux renseignements
- Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, estime que le président américain Donald Trump n’a pas le pouvoir de retirer les États-Unis de l’OTAN.
- La menace de Trump déstabilise considérablement l’OTAN, malgré les obstacles juridiques à un retrait officiel.
- La Russie entend exploiter les divisions au sein de l’OTAN, que Trump mette ou non sa menace à exécution.
Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a qualifié la menace du président Trump de retirer les États-Unis de l’OTAN de simple gesticulation politique. Il a affirmé que ni le système politique américain ni le Congrès ne permettraient une mesure aussi radicale. Tout en reconnaissant la possibilité de gestes symboliques tels que la réduction des effectifs militaires ou la suspension des livraisons d’équipements militaires, M. Medvedev a souligné que ces actions auraient moins d’importance que ne le laisse entendre la rhétorique de Trump.
La menace de Trump ravive les inquiétudes
La menace de Trump a ravivé les inquiétudes concernant l’avenir de l’OTAN et les engagements des États-Unis en matière de sécurité envers l’Europe, intensifiant le débat à Washington et dans les capitales européennes. Les diplomates et les analystes considèrent ce dernier différend comme l’une des plus graves fractures entre les États-Unis et leurs alliés européens depuis des décennies.
Bien que des obstacles juridiques rendent un retrait complet difficile, la déclaration de Trump a déjà déstabilisé les pays alliés. Une sortie officielle de l’OTAN nécessite l’approbation du Sénat ou une décision du Congrès, ce qui limite le pouvoir unilatéral du président. Néanmoins, des inquiétudes persistent en Europe quant au fait que, même sans départ officiel, une réduction de la présence militaire, un retard dans l’aide militaire ou un affaiblissement des engagements au titre de l’article 5 pourraient avoir des conséquences stratégiques immédiates.
La valeur stratégique d’une menace
Medvedev a semblé reconnaître ce point, suggérant que la menace elle-même revêt une valeur stratégique pour Moscou, qu’elle soit mise à exécution ou non. Ses commentaires s’inscrivent dans le cadre d’un message plus large de la Russie visant à mettre en évidence les divisions au sein de l’OTAN. Moscou a toujours présenté l’alliance comme politiquement fragile, en particulier lorsque des désaccords surgissent entre Washington et les capitales européennes.
Mark Bennetts, correspondant à l’étranger du Times, a souligné que Trump avait déjà proféré des menaces similaires, mais que celle-ci survenait au moment où les États-Unis et l’Europe connaissent leur plus grave rupture depuis la formation de l’alliance pour contrer l’Union soviétique. Pour la Russie, l’avantage stratégique ne réside pas dans un retrait légal, mais dans le fait de saper la cohésion et la confiance de l’alliance.
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