Jamais auparavant il n’y avait eu autant de locaux commerciaux vacants dans notre pays qu’à la fin de l’année 2025. Selon Locatus, une société spécialisée dans les données relatives au commerce de détail et à l’immobilier, plus d’un local sur dix était alors inoccupé. « Après plusieurs années de baisse, c’est la deuxième année consécutive que les chiffres repartent dans la mauvaise direction », indique-t-on.
Principaux renseignements
- Le nombre de locaux commerciaux vacants en Belgique a atteint un niveau record fin 2025, avec un taux de vacance de plus de 11 pour cent. Près d’un tiers d’entre eux sont vacants depuis plus de 3 ans.
- La Flandre a enregistré la plus forte hausse, et le secteur de l’hôtellerie-restauration ainsi que les banques comptent parmi les secteurs les plus touchés par la vacance.
- Unizo plaide en faveur d’une politique plus stricte et mieux ciblée, axée sur les centres-villes dynamiques.
Dans l’actualité : entre le début et la fin de l’année 2025, la part des locaux commerciaux inoccupés est passée de 11,2 pour cent à 11,9 pour cent. Le taux de vacance a ainsi atteint son plus haut niveau depuis le début des mesures effectuées par Locatus.
- Parmi les trois régions, c’est en Flandre que Locatus a enregistré la plus forte hausse. À la fin de l’année dernière, 11,9 pour cent des locaux commerciaux y étaient inoccupés, contre 10,8 pour cent au début de l’année 2025.
- « Au cours des 15 dernières années, le taux de vacance en Flandre était inférieur à la moyenne nationale, mais fin 2025, il était aussi élevé que la moyenne », note Locatus.
- Le rapport montre en outre que la vacance dans notre pays devient plus structurelle. Sur les quelque 23 000 locaux vacants en Belgique, 32 pour cent le sont depuis plus de 3 ans. L’année dernière, 29 pour cent des locaux vacants l’étaient depuis plus de 3 ans.
- 20 pour cent de ces locaux ne sont plus utilisés depuis plus de cinq ans.
Beaucoup de locaux inoccupés dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration
Zoom : Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration est un facteur important de la part de locaux inoccupés en Belgique.
- Sur les dix secteurs qui ont généré le plus de locaux inoccupés, six relèvent de l’hôtellerie-restauration, notamment les restaurants, les cafés et les snack-bars.
- Les banques constituent un autre élément marquant de cette liste. En raison de la numérisation croissante des transactions financières, ce secteur restera probablement dans le top 10 des secteurs les plus touchés par la vacance dans les années à venir.
Unizo plaide pour une politique plus stricte et mieux ciblée
À noter également : le rapport de Locatus inquiète l’organisation patronale Unizo.
- L’organisation souligne que le développement continu des activités commerciales en dehors des centres-villes est une cause majeure de l’augmentation du nombre de locaux vacants.
- « Partout en Flandre, des projets périphériques continuent de voir le jour dans des endroits qui ne s’y prêtent pas vraiment. Cela crée une concurrence supplémentaire pour les commerces existants ; nous contribuons à accroître la vacance immobilière alors que les centres-villes se vident. La politique se tire ainsi une balle dans le pied », déclare Bart Buysse, administrateur délégué d’Unizo.
- Selon Unizo, une politique beaucoup plus stricte et ciblée s’impose. « Nous devons nous défaire de l’idée qu’un centre-ville ne tourne qu’autour des commerces. Les services et même la production à petite échelle ont également leur place au centre. C’est ce que nous défendons avec le concept de centre-ville dynamique, qui est désormais également ancré dans l’accord de gouvernement flamand », précise-t-il.
- Il existe aujourd’hui des opportunités concrètes pour inverser la tendance. Le gouvernement flamand travaille ainsi actuellement sur le Plan stratégique pour l’aménagement du territoire en Flandre.
- « D’autres initiatives récentes offrent également des perspectives, à condition qu’elles soient mises en œuvre à plus grande échelle », ajoute Mme Buysse. « Le ministre Brouns a annoncé le Bouwboost, dont l’objectif est d’accélérer la construction dans les centres existants et de préserver les espaces ouverts. Aujourd’hui, l’accent est principalement mis sur le logement. Mais si nous voulons vraiment des centres dynamiques, nous devons également prévoir de l’espace et des incitations pour entreprendre au sein de nos centres. »
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