La hausse des taux d’intérêt pèse sur le pouvoir d’achat immobilier des Belges

La guerre en Iran a pour effet de faire grimper les taux d’intérêt. De ce fait, il devient de plus en plus difficile pour les Belges d’obtenir un prêt immobilier. Selon une analyse d’Immoweb, le pouvoir d’achat immobilier des Belges a diminué au cours du premier trimestre de cette année.


Principaux renseignements

  • La hausse des taux d’intérêt, sous l’influence des tensions géopolitiques, rend les prêts immobiliers plus chers et entraîne une baisse du nombre de crédits.
  • Les prix de l’immobilier continuent d’augmenter légèrement en Belgique, avec des différences régionales. En Flandre, les prix ont augmenté plus fortement qu’en Wallonie et à Bruxelles.
  • En raison de la hausse des taux d’intérêt et des prix, le pouvoir d’achat immobilier diminue : les Belges peuvent acheter moins de mètres carrés pour le même budget.

Contexte : Les taux d’intérêt des prêts immobiliers sont en hausse.

  • La guerre au Moyen-Orient fait grimper les taux d’intérêt belges à dix ans. En mars, ceux-ci ont même brièvement dépassé les 3,7 pour cent, leur plus haut niveau depuis fin janvier 2012. Les banques s’appuient sur ce taux pour déterminer le coût d’un prêt immobilier.
  • Ruben De Winne, responsable des crédits hypothécaires chez Belfius Bank, s’attend à ce que les taux d’intérêt continuent d’augmenter. « Dans un contexte d’incertitude géopolitique et de pressions inflationnistes persistantes, une hausse progressive des taux d’intérêt semble être un scénario plausible pour les mois à venir. Un premier effet est déjà visible, avec une hausse d’environ 0,30 point de pourcentage des taux hypothécaires en mars 2026 », explique le directeur général de la banque publique.

Légère hausse des prix de l’immobilier

À noter également : les prix de l’immobilier continuent eux aussi de progresser, selon l’analyse d’Immoweb.

  • Au premier trimestre, les prix de l’immobilier résidentiel en Belgique ont augmenté de 0,7 pour cent, pour atteindre en moyenne 2 409 euros par mètre carré.
    • La Flandre a conservé une forte dynamique au premier trimestre 2026 (+0,9 pour cent), tandis que la Wallonie a affiché une hausse plus modérée (+0,4 pour cent), soit un ralentissement par rapport au premier trimestre 2025 (+0,9 pour cent). Bruxelles se situe entre les deux (+0,5 pour cent), mais a également été moins dynamique au cours des trois premiers mois de cette année que l’année dernière (+1 pour cent).
  • Immoweb parle d’une hausse modérée. « Par rapport au trimestre précédent (+0,6 pour cent) et à la même période l’année dernière (+0,7 pour cent), la tendance récente se poursuit. Elle est toutefois plus élevée qu’au même trimestre de 2024 (0 pour cent) et de 2023 (0,2 pour cent) », indique-t-on. « L’inflation immobilière, qui mesure l’évolution des prix sur les douze derniers mois, semble désormais plafonner et même légèrement reculer en mars 2026. Cette évolution pourrait marquer le début d’un changement de rythme, après la nette reprise observée en 2025. »

À noter : les banques ressentent d’ores et déjà l’impact de la hausse des taux d’intérêt.

  • Selon la Centrale des crédits aux particuliers (CKP), le nombre de crédits enregistrés en janvier et février a baissé de 22 pour cent par rapport à la même période en 2025. Ce niveau reste toutefois supérieur à celui de la même période en 2024.

Le pouvoir d’achat immobilier des Belges s’affaiblit

Dans l’actualité : en raison de la hausse des taux d’intérêt et des prix de l’immobilier, les Belges peuvent acheter un logement moins grand pour le même capital. À prix et revenus égaux, cela représente une baisse du pouvoir d’achat immobilier d’environ 3 mètres carrés, pour atteindre 105 mètres carrés.

  • Immoweb n’exclut pas que le pouvoir d’achat immobilier puisse encore diminuer. La plateforme immobilière note que le taux d’intérêt belge à dix ans a augmenté d’environ 0,50 point de pourcentage le mois dernier. Si cette hausse est entièrement répercutée sur les taux hypothécaires, un prêt immobilier pourrait encore renchérir de 20 points de base dans les semaines à venir.
  • « Si cette hausse est entièrement répercutée, cela entraînerait une perte d’environ 5 m² de pouvoir d’achat immobilier, ce qui rapprocherait les ménages de la limite des 100 m² », ajoute Jonathan Frisch, économiste chez Immoweb.

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