Principaux renseignements
- L’Europe est confrontée à un écart de coûts croissant, les systèmes de défense aérienne étant bien plus coûteux que les armes qu’ils sont censés intercepter.
- En raison de cette asymétrie, les forces défensives épuisent leurs stocks plus rapidement que les attaquants, ce qui rend la capacité de production cruciale dans les conflits de longue durée.
- L’Europe doit investir dans des technologies d’interception moins coûteuses et dans des capacités offensives afin de réduire la pression sur sa défense aérienne.
Selon une analyse réalisée par le groupe de réflexion Bruegel, l’Europe est confrontée à un défi croissant, à savoir le rapport inégal entre le coût de la défense aérienne et celui des armes qu’elle est censée intercepter. L’Europe doit en tirer une leçon importante pour ses futures dépenses de défense.
Écart de coûts
L’utilisation de drones et de missiles est un phénomène de plus en plus courant tant en Ukraine qu’au Moyen-Orient. Ces derniers sont bien moins chers que les systèmes de défense coûteux, qui s’élèvent souvent à plusieurs millions d’euros. Ainsi, chaque intercepteur Patriot tiré depuis une position de défense américaine coûte environ 3,7 millions d’euros, tandis que les drones iraniens ne coûtent que quelques dizaines de milliers d’euros.
Les forces défensives épuisent donc leurs stocks plus rapidement que la partie attaquante. Bruegel souligne que la capacité de production devient donc un facteur important dans un conflit prolongé.
Menace européenne
Selon le groupe de réflexion, la Russie représente la plus grande menace pour l’Europe. Bien que l’Iran soit également mentionné dans l’analyse, ce pays dispose d’une force aérienne limitée et de moyens de défense aérienne moins modernes, tandis que la Russie dispose à la fois d’une force aérienne de pointe et de systèmes de défense aérienne intégrés. C’est pourquoi Bruegel prévient qu’un conflit en Europe contre la Russie serait encore plus intense que ce qui se passe déjà au Moyen-Orient.
L’Europe pourrait tirer des leçons de la situation en Ukraine. Le pays doit constamment évaluer quand déployer ses coûteux intercepteurs et quand laisser passer certaines attaques. De plus, de nombreux pays européens aident l’Ukraine en lui prêtant leurs systèmes de défense aérienne, ce qui réduit leurs propres stocks.
Selon Bruegel, il existe une solution à ce problème. Tout d’abord, il faut investir dans des technologies d’interception à grande échelle et surtout moins coûteuses. Par ailleurs, il faut développer en parallèle des capacités offensives. Cela pourrait perturber la production des adversaires. La combinaison de la défense et de l’attaque permettrait de réduire la pression sur le système de défense propre. (fc)
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