Principaux renseignements
- La BCE doit faire preuve de prudence en matière de hausse des taux d’intérêt. C’est ce qu’affirme Christodoulos Patsalides, gouverneur de la Banque centrale de Chypre et membre du conseil des gouverneurs de la BCE.
- Patsalides préconise une approche mesurée, fondée sur des informations suffisantes, plutôt que de réagir aux anticipations du marché.
- Tout en reconnaissant l’existence de risques à la hausse, Patsalides souligne les différences économiques majeures par rapport aux périodes inflationnistes précédentes.
Patsalides estime que la BCE devrait faire preuve de prudence avant de relever ses taux d’intérêt en réponse à la hausse des coûts énergétiques.
Approche fondée sur les données
Alors que l’inflation dans la zone euro devrait dépasser l’objectif de 2 pour cent de la BCE en raison de la flambée des prix de l’énergie provoquée par des événements géopolitiques, Patsalides souligne dans un interview avec Reuters que les perspectives de base de la BCE restent valables. Il maintient qu’il n’existe actuellement aucun élément indiquant que l’inflation s’installe durablement au sein du bloc des 21 pays.
Patsalides reconnaît la possibilité d’une hausse des taux si des signes concrets indiquaient une inflation ancrée, mais souligne la nécessité de disposer d’informations suffisantes avant de prendre une telle décision. Il rappelle que seules deux semaines se sont écoulées depuis les dernières projections de la BCE et souligne l’absence de facteurs suggérant un changement dans la durée ou l’intensité de la situation géopolitique.
Le marché s’attend à trois hausses des taux d’intérêt cette année
Les attentes du marché tablent actuellement sur trois hausses de taux de la BCE cette année, qui pourraient débuter dès avril ou juin. Cependant, Patsalides met en garde contre les décisions hâtives fondées sur des intuitions. Il prône une approche fondée sur les données, soulignant que la sagesse découle d’une information adéquate.
Sans exclure une hausse des taux en avril, Patsalides souligne la nécessité d’observer si la hausse de l’inflation globale se traduit par une augmentation des prix sous-jacents. Il souligne l’importance de voir les anticipations d’inflation à long terme rester ancrées autour de l’objectif de 2 pour cent de la BCE, ce qu’il considère comme un indicateur clé.
Évaluation des risques à la hausse
Patsalides reconnaît les risques à la hausse pesant sur l’inflation, mettant en garde contre la possibilité d’un « effet de mémoire » lié au choc inflationniste précédent, susceptible d’influencer les anticipations en matière de prix et de salaires. Il souligne néanmoins des différences cruciales entre les conditions économiques actuelles et celles de cette période, notamment des taux d’intérêt plus élevés, un marché du travail moins tendu, une politique budgétaire plus restrictive et une demande refoulée limitée.
La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE est prévue le 30 avril, date à laquelle une analyse actualisée des scénarios relatifs aux projections sera probablement présentée. (fc)
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