Iran cible l’opinion publique américaine avec une guerre de l’information numérique


Principaux renseignements

  • Le régime iranien a lancé sa machine de propagande et s’adresse à l’opinion publique américaine à travers des photos, des vidéos et des mèmes.
  • Plus de la moitié de la population américaine est opposée aux frappes en Iran. 78 pour cent s’opposent au déploiement de troupes sur place.
  • Une étude récente montre que dans les 24 heures qui ont suivi les premières frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, des dizaines de comptes sur les réseaux sociaux avaient commencé à publier de la propagande iranienne sur la guerre.

Le régime iranien vise directement l’opinion publique américaine avec une campagne de propagande en ligne. À l’aide de photos, de vidéos et de mèmes générés par l’intelligence artificielle (IA), ils tentent de semer la confusion au sujet de la guerre au Moyen-Orient. Selon les experts, l’objectif principal de cette campagne est d’attiser le sentiment anti-guerre aux États-Unis et de faire pression sur le président américain Trump pour qu’il mette fin au conflit.

Selon des sondages récents, le doute quant à l’implication dans le conflit grandit également aux États-Unis. Plus de la moitié des Américains (58 pour cent) s’opposent aux frappes militaires en Iran. 78 pour cent s’opposent au déploiement de troupes américaines sur place. Selon les analystes, cette division constitue un terrain fertile pour l’ingérence étrangère.

Divisions

Une étude de l’université Clemson en Caroline du Sud révèle que dans les 24 heures qui ont suivi les premières attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, des dizaines de comptes sur les réseaux sociaux avaient commencé à publier de la propagande iranienne sur la guerre. La plupart de ces comptes ont des liens avec les Gardiens de la révolution islamique et certains touchent un public de plusieurs millions de personnes.

Cette stratégie n’est pas nouvelle, mais elle est d’une intensité frappante. Des acteurs iraniens diffusent des messages via les réseaux sociaux. On présente souvent ceux-ci comme des témoignages apparemment authentiques de citoyens américains. Ils exploitent ensuite les tensions qui existent déjà au sein de la société américaine, telles que la méfiance envers le gouvernement et la lassitude face à la guerre.

Le conflit actuel au Moyen-Orient n’est pas la première fois que l’on utilise des vidéos virales et des mèmes comme armes de guerre. Ils sont déjà une valeur sûre dans la résistance ukrainienne contre la Russie.

Guerre de l’information

Les experts parlent d’une guerre de l’information classique. En sapant la confiance dans les dirigeants politiques et les institutions, l’Iran espère influencer les choix politiques à Washington.

« Ce conflit est la première fois où nous constatons réellement que du contenu généré par l’IA est utilisé de manière très délibérée pour semer le chaos et la confusion », explique Melanie Smith, experte en opérations d’information à l’Institute for Strategic Dialogue. « De plus, les plateformes de réseaux sociaux ne tiennent pas leurs promesses en matière de signalement et de suppression des contenus lorsqu’ils sont manifestement faux », ajoute-t-elle.

Israël et l’Iran ont tous deux mis en place des règles de censure qui limitent le flux d’informations en provenance de ces pays. Cela ne fait qu’accroître la confusion. En Israël, les autorités interdisent de partager des informations jugées sensibles. Parallèlement, l’Iran impose un black-out total d’Internet qui dure depuis déjà quatre semaines.

Il en résulte, selon Smith, « un immense vide informationnel qui peut très rapidement être comblé par du contenu inventé, des récits de propagande et, d’une manière générale, des informations chaotiques ».

Vidéos générées par l’IA

Ce sont surtout les vidéos générées par l’IA qui « se propagent à une vitesse fulgurante et jouent sur les émotions que les gens ressentent déjà », explique Tine Munk, spécialiste de la guerre numérique. Selon elle, ces vidéos suscitent beaucoup de remous, même lorsqu’elles sont manifestement fausses. Les vidéos permettent de transmettre facilement des idées complexes à travers des récits visuels.

Beaucoup de photos et de vidéos largement partagées en ligne prétendent montrer les événements sur place. Il s’agit souvent de vidéos et d’images montrant des attaques iraniennes contre Israël et les États du Golfe, que l’on recycle depuis plusieurs années, que l’on détourne d’attaques contre d’autres pays ou que l’IA génère.

« Le 28 février, une attaque a eu lieu à Tel-Aviv, et l’on réutilise chaque jour les vidéos et photos de ces attaques pour montrer de soi-disant nouvelles attaques », explique Tal Hagin.

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