Principaux renseignements
- L’Ukraine est confrontée à un déficit de financement considérable pour poursuivre ses achats d’armes américaines.
- Seule une poignée de pays supporte actuellement la charge financière des livraisons d’armes à l’Ukraine.
- Une coopération avec les États du Golfe offre une solution potentielle aux besoins urgents de l’Ukraine en matière de défense aérienne. Le pays pourrait échanger des drones intercepteurs contre une meilleure défense aérienne.
Obtenir des financements pour les armes américaines reste un défi pour l’Ukraine alors que la guerre avec la Russie entre dans sa cinquième année. L’ambassadrice de Kiev auprès de l’OTAN, Alyona Getmanchuk, a révélé que seule une poignée de pays supporte actuellement la majeure partie de la charge financière. Le Royaume-Uni est le dernier pays à s’être joint à cet effort, ce qui oblige l’Ukraine à solliciter à plusieurs reprises des fonds auprès du même groupe restreint de pays.
Crise financière croissante
Cette réticence aggrave la crise financière qui s’intensifie en Ukraine, alors que les pourparlers de paix restent au point mort et que la Hongrie bloque un prêt crucial de l’UE de 90 milliards d’euros. Un différend politique au sein du parlement ukrainien menace en outre les versements d’aide du FMI.
Malgré ces obstacles, le matériel militaire américain continue d’affluer en Ukraine. Getmanchuk a confirmé qu’il n’y avait aucun signe de perturbation due au conflit en cours en Iran. Ce soutien est rendu possible grâce au programme PURL, mis en place après que le président Trump a suspendu l’aide à l’Ukraine. Ce programme permet aux pays européens et au Canada d’acheter des armes américaines pour l’Ukraine.
Déficit de financement
L’Ukraine estime qu’elle aura besoin de 15 milliards de dollars (environ 13 milliards d’euros) en 2026 pour ces achats. C’est nettement plus que les 4,3 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) qu’elle a obtenus en décembre 2025. Les livraisons arrivent par tranches de 500 millions de dollars (433 millions d’euros), ce qui suscite des inquiétudes quant à d’éventuels retards à l’avenir, alors que l’Ukraine cherche à obtenir des engagements pour franchir ce seuil.
Les alliés de l’OTAN envisagent de s’orienter vers des engagements individuels afin d’assurer un flux plus régulier d’armes. Bien que l’approbation politique nationale d’une telle approche puisse s’avérer difficile, elle pourrait garantir à l’Ukraine l’accès à des fournitures vitales.
Besoin urgent de défense aérienne
L’Ukraine a avant tout besoin de systèmes de défense aérienne robustes, notamment de systèmes capables d’intercepter des missiles balistiques. Si les États-Unis ne parviennent pas à répondre à ce besoin, Kiev devra se rabattre sur des dons provenant des stocks existants. Il s’agit toutefois d’une entreprise extrêmement complexe et incertaine.
Getmanchuk a souligné le potentiel de collaboration avec les pays du Golfe, qui ont manifesté leur intérêt pour les drones intercepteurs ukrainiens. Étant donné que l’Ukraine produit actuellement deux fois plus que nécessaire, Kiev propose un échange : des intercepteurs de drones en échange d’une aide pour contrer les missiles balistiques et de croisière, soit par des transferts directs de missiles, soit par un financement pour leur acquisition.
Espoir d’un prêt de l’UE
Le déblocage imminent du paquet de prêts de l’UE pourrait alléger la pression sur les gouvernements européens pour qu’ils contribuent de manière indépendante. Le veto de la Hongrie devrait être levé dès que l’Ukraine aura réparé un gazoduc endommagé par la Russie. Ce gazoduc alimente le pays en combustible russe. Selon beaucoup, cette manœuvre politique est directement liée à la campagne électorale hostile menée par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán à l’encontre de l’Ukraine.
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