Principaux renseignements
- Même une légère hausse de l’inflation au-delà de l’objectif de 2 pour cent de la BCE pourrait nécessiter un resserrement monétaire afin de gérer les attentes du public.
- La Banque centrale européenne (BCE) analyse attentivement les données économiques afin de déterminer le moment opportun pour d’éventuelles hausses des taux d’intérêt.
- Bien que les marchés s’attendent à des mesures rapides, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, souligne que cette situation diffère des périodes d’inflation précédentes en raison de circonstances économiques particulières.
Lagarde a laissé entendre que même une hausse temporaire de l’inflation au-delà de l’objectif de 2 pour cent de la BCE pourrait nécessiter un resserrement modéré de la politique monétaire.
Une réflexion approfondie sur les hausses de taux
Bien que la BCE ait maintenu ses taux d’intérêt inchangés la semaine dernière, elle a reconnu la hausse imminente des prix. Les responsables politiques délibèrent actuellement sur les circonstances spécifiques qui pourraient déclencher une hausse des taux d’intérêt afin d’empêcher une accélération rapide et durable de la hausse des prix. Lagarde a souligné la nécessité d’une réponse « énergique » et « persistante » si l’inflation dépasse durablement l’objectif. Elle a toutefois également indiqué que même un dépassement modéré pourrait justifier un ajustement mesuré de la politique monétaire.
Lagarde a fait valoir que ne pas remédier à un tel dépassement pourrait poser un risque de communication, car le public pourrait avoir du mal à comprendre pourquoi la BCE ne réagit pas. Bien que Lagarde se soit abstenue de lier explicitement ses critères à des scénarios spécifiques présentés par la BCE la semaine dernière, ceux-ci ressemblent étroitement à la trajectoire de l’inflation dans le scénario « défavorable » de la banque.
Projections d’inflation
Ce scénario prévoit que l’inflation atteindra un pic supérieur à 4 pour cent au second semestre de cette année avant de revenir à l’objectif d’ici mi-2027. En revanche, le scénario « de base » le plus optimiste de la BCE prévoit un taux d’inflation moyen de 2,6 pour cent cette année, contre environ 2 pour cent l’année précédente.
Lagarde a souligné que si des écarts significatifs et persistants par rapport à l’objectif d’inflation sont anticipés, la réponse doit être suffisamment ferme et soutenue pour éviter les mécanismes d’auto-renforcement et le risque de voir les anticipations d’inflation se déstabiliser.
Philip Lane, économiste en chef de la BCE, a déclaré que les décideurs évalueraient, lors de chaque réunion, quel scénario correspond le mieux au contexte économique actuel, laissant potentiellement la porte ouverte à une première hausse des taux en avril ou en juin.
La BCE prête à agir
Lagarde a souligné la volonté de la BCE d’agir « lors de n’importe quelle réunion », tout en insistant sur l’importance de recueillir suffisamment d’informations avant de mettre en œuvre des changements de politique et d’éviter toute paralysie due à l’hésitation. La BCE restera vigilante face aux premiers signes indiquant que le choc se répercute sur la dynamique globale de l’inflation, notamment la croissance des salaires et les anticipations d’inflation.
Lane a mis en avant les anticipations de hausse des prix des entreprises et les salaires des nouveaux embauchés comme indicateurs clés à surveiller pour la BCE. Les investisseurs financiers anticipent actuellement deux à trois hausses de taux de la part de la BCE cette année, en raison d’une inflation prévue dépassant l’objectif pendant plusieurs années.
Attentes du marché vs réalité
Cependant, Lane a noté que les marchés financiers avaient intégré une « hausse du niveau des prix » dans la zone euro résultant de la hausse des prix de l’énergie plutôt que d’une augmentation persistante de l’inflation au-delà de l’objectif de 2 pour cent de la BCE. Les investisseurs plaident en faveur d’une action précoce mais modérée, invoquant la réponse tardive de la BCE lors de la flambée de l’inflation de 2021-2022, lorsqu’elle a attendu que l’inflation atteigne environ 8 pour cent, soit quatre fois son objectif, avant de relever ses taux d’intérêt.
Lagarde a rétorqué que la situation actuelle diffère de la précédente en raison de plusieurs facteurs, notamment un choc énergétique moins important, un marché du travail moins tendu, l’absence de demande refoulée postpandémique, des politiques budgétaires plus restrictives et un taux directeur plus élevé. Elle a également cité des données historiques suggérant qu’une répercussion généralisée des prix de l’énergie est une exception plutôt que la norme. (fc)
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