Les diplomates de l’UE s’inquiètent de l’accès de l’AfD à des dossiers confidentiels


Principaux renseignements

  • Le parti « Alternative pour l’Allemagne » (AfD), soupçonné d’entretenir des liens avec la Russie, suscite des inquiétudes en matière de sécurité au sein de l’UE en raison de son accès à des documents confidentiels.
  • Les craintes de fuites d’informations sensibles incitent les diplomates de l’UE à adopter des pratiques de communication plus prudentes.
  • D’anciens incidents impliquant l’AfD, comme des accusations d’espionnage, renforcent les inquiétudes sur la gestion des informations confidentielles.

Les inquiétudes grandissent au sein de l’Union européenne quant à la divulgation potentielle de délibérations diplomatiques sensibles à la Russie en raison de l’accès accordé à des documents confidentiels de l’UE par l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), un parti soupçonné d’entretenir des liens avec Moscou. Ils l’ont confié à Politico. Les députés allemands, y compris ceux de l’AfD d’extrême droite, ont accès à une vaste base de données contenant des milliers de dossiers de l’UE, dont certains sont classés confidentiels et comprennent des notes issues de réunions d’ambassadeurs au cours desquelles des stratégies géopolitiques sont discutées.

Inquiétudes croissantes

Cette situation a tiré la sonnette d’alarme parmi les diplomates de l’UE, qui expriment leur appréhension à l’idée de partager ouvertement des informations sensibles en raison du risque de fuites. La présence de l’AfD, un parti sous le feu des projecteurs pour sa position perçue comme pro-russe, ajoute une couche supplémentaire de complexité aux discussions confidentielles au sein de l’UE. Les diplomates soulignent des cas où les inquiétudes concernant d’éventuelles fuites d’informations ont conduit à l’organisation de réunions plus restreintes et plus discrètes afin de préserver la confidentialité des sujets sensibles.

Bien qu’aucune plainte officielle n’ait été déposée, les conversations entre diplomates révèlent une inquiétude généralisée, en particulier parmi les pays d’Europe du Nord-Ouest. L’AfD nie avec véhémence toute implication dans le partage d’informations confidentielles avec la Russie ou la Chine. Le parti rejette ces accusations comme étant sans fondement.

Risque

En Allemagne, l’accès accordé à tous les députés et à leurs assistants à une base de données appelée EuDoX, qui contient des milliers de dossiers de l’UE, découle d’un souci de transparence et de contrôle parlementaire. Les experts reconnaissent le risque inhérent à un accès aussi large, mais soulignent que le gouvernement allemand est conscient de cette vulnérabilité et sélectionne soigneusement les informations placées dans le système.

Cependant, plusieurs législateurs allemands expriment de profondes réserves quant à l’accès de l’AfD à EuDoX, invoquant les tendances pro-russes perçues du parti et ses interactions avérées avec des responsables russes. Ils citent des cas où des politiciens de l’AfD auraient divulgué des informations susceptibles d’intéresser les services de renseignement russes, notamment des détails sur les défenses locales contre les drones, les livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine et des informations sur des activités de sabotage présumées de la part de la Russie.

Pas la première fois

Des incidents passés impliquant l’AfD, tels que les allégations d’utilisation d’enquêtes parlementaires pour recueillir des renseignements au profit du Kremlin et la condamnation d’un ancien assistant de l’AfD pour espionnage au profit de la Chine, amplifient encore ces inquiétudes. Les législateurs des partis centristes expriment un malaise plus général concernant la gestion des informations sensibles par l’AfD. L’administration du Bundestag a pris des mesures pour atténuer les risques potentiels pour la sécurité en restreignant l’accès de certains membres du personnel de l’AfD à certains bâtiments et aux systèmes informatiques parlementaires. (fc)

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