L’Europe s’inquiète des risques pour la sécurité liés aux imprimantes 3D chinoises


Principaux renseignements

  • L’impression 3D transforme la conduite de la guerre en permettant la production rapide de pièces, telles que des composants de drones.
  • La dépendance de l’Europe vis-à-vis des imprimantes 3D chinoises comporte des risques pour la sécurité, notamment en matière de fuites de données et de propriété intellectuelle.
  • Le caractère décentralisé de l’impression 3D renforce la résilience, mais nécessite une surveillance stricte pour garantir la sécurité des données.

L’importance de l’impression 3D pour la sécurité européenne est souvent sous-estimée. Le matériel militaire et les infrastructures énergétiques peuvent sembler plus critiques, mais les imprimantes 3D s’avèrent être des outils essentiels dans la guerre moderne. Leur capacité à produire rapidement des pièces s’est révélée inestimable en Ukraine, où elles fabriquent des drones indispensables aux combats actuels. C’est ce que rapporte TVP.

La taille compacte de ces imprimantes permet une production décentralisée. Cela renforce la résilience d’un pays en période de crise, lorsque les chaînes d’approvisionnement traditionnelles peuvent être perturbées. Conscient de cette importance croissante, le département américain de la Défense a considérablement augmenté son budget alloué à la fabrication additive (impression 3D) en 2026.

Domination de la Chine

Cependant, les experts avertissent que la sécurité de l’Europe est menacée en raison de la domination de la Chine sur le marché des imprimantes 3D. Les données du cabinet d’études Context indiquent que les fournisseurs chinois représentaient pas moins de 94 pour cent de toutes les imprimantes 3D de bureau livrées dans le monde au troisième trimestre 2025. Cette domination s’explique en partie par la stratégie chinoise « Made in China 2025 », qui stimule la production nationale par le biais de subventions publiques et de prêts à taux préférentiels.

Risques pour la sécurité des données

Les implications potentielles en matière de sécurité sont considérables. Étant donné que les imprimantes 3D produisent de plus en plus de composants sensibles, tels que des pièces de drones, et se connectent à Internet, il existe un risque de fuites de données. Des inquiétudes ont surgi lorsque les troupes britanniques ont utilisé des imprimantes Bambu Labs de fabrication chinoise lors d’exercices militaires au Kenya pour fabriquer des drones kamikazes. Des experts en défense ont averti que ces imprimantes pourraient transmettre des données de conception sensibles vers des serveurs situés en Chine.

Appels à une enquête approfondie

Cet incident a donné lieu à des appels en faveur d’une enquête plus approfondie sur l’utilisation des imprimantes 3D dans les applications de défense. La République tchèque, où est implantée la société de fabrication d’imprimantes 3D Prusa, a émis une alerte de sécurité. Le pays a souligné les risques potentiels liés à certaines imprimantes de marques chinoises, notamment la possibilité que des données soient transférées vers des serveurs externes à l’insu ou sans le contrôle de l’utilisateur.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus