À partir de lundi, des militaires belges seront mobilisés pour des missions civiles dans les rues


Principaux renseignements

  • Jusqu’à 200 soldats belges assureront la sécurité des sites juifs à Bruxelles et à Anvers pendant trois mois.
  • Ce déploiement militaire vise également à assister la police ferroviaire et à lutter contre la violence liée au trafic de drogue dans le cadre d’opérations FIPA (Full Integrated Police Action).
  • Des inquiétudes subsistent quant à la sollicitation excessive des ressources militaires et à la pertinence du recours aux forces armées pour des missions civiles.

À partir de lundi, l’armée belge sera déployée pour des missions de soutien civil, en se concentrant dans un premier temps sur la sécurisation des sites juifs à Bruxelles et Anvers. Cette mesure, annoncée par le ministre de la Défense Theo Francken, mobilisera jusqu’à 200 soldats simultanément pendant une période de trois mois. Par la suite, ce nombre sera ramené à 90 soldats.

Ce déploiement fait suite à une demande du commissaire général de la police fédérale en vertu de la loi sur la police. Au-delà de la protection des sites juifs, l’armée assistera également la police des chemins de fer et participera aux opérations FIPA (Full Integrated Police Action) contre la violence liée à la drogue. Francken a souligné que le déploiement est limité en portée et en durée en raison des contraintes existantes pesant sur les forces de défense.

200 soldats

Le ministre a souligné que les 200 soldats déployés simultanément représentent environ 600 personnes compte tenu des rotations. En outre, 50 soldats sont déjà déployés pour la sécurité des sites nucléaires, une responsabilité qui incombait auparavant à la police. L’accent sera initialement mis sur les synagogues et les écoles juives, avec des plans de déploiement supplémentaire à Anvers pour des actions FIPA et la sécurité des gares après trois mois.

Élaboration d’un code de conduite

Bien que le ministre ait reconnu la nécessité d’un code de conduite régissant l’intervention de l’armée, celui-ci est encore en cours d’élaboration. Des négociations avec les syndicats sont en cours, qui seront suivies d’un examen par le Conseil d’État et d’une approbation parlementaire ultérieure.

Réactions parlementaires

Cette annonce a suscité la surprise au sein du Parlement. Les députés de l’opposition ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’impact sur le plan d’opération précédemment approuvé et se sont interrogés sur la pertinence d’un rôle de sécurité pour l’armée. Ils ont considéré ce déploiement comme une mesure provisoire due à l’insuffisance des ressources allouées aux forces de police.

Axel Weydts (N-VA) a mis en garde contre la pression qu’une telle décision exercerait sur les unités militaires, s’en servant comme argument supplémentaire contre le déploiement de personnel au Moyen-Orient dans le contexte de l’escalade des tensions avec l’Iran. Francken a assuré au Parlement qu’il n’était pas prévu que la Belgique participe à des opérations contre l’Iran, bien que les demandes d’aide défensive émanant de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et d’Oman soient examinées vendredi par le cabinet restreint.

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