Les dirigeants de l’UE aux prises avec la crise énergétique sur fond de conflit avec l’Iran


Principaux renseignements

  • Le conflit US-Israël-Iran provoque une crise énergétique en Europe et fait dépasser le pétrole 100 dollars (environ 87 d’euros) le baril.
  • Les dirigeants européens sont divisés sur l’Iran : certains veulent faire respecter le droit international, d’autres privilégient le commerce avec les États-Unis.
  • Malgré la crise énergétique, les dirigeants européens poursuivent leurs objectifs à long terme : simplification des règles et intégration financière.

Les dirigeants européens se sont réunis dans le but d’aborder les difficultés économiques de l’Union et de tracer la voie vers l’indépendance vis-à-vis des puissances mondiales telles que la Chine et les États-Unis. Cependant, des événements extérieurs ont une nouvelle fois éclipsé leur ordre du jour. Le conflit en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran a déplacé l’attention vers une crise énergétique immédiate, détournant ainsi l’attention des objectifs économiques à long terme. C’est ce qu’écrit Politico dans une analyse.

La crise énergétique occupe le devant de la scène

La flambée des prix du pétrole, qui ont dépassé les 100 dollars (environ 87 d’euros) le baril, a suscité des discussions urgentes sur les moyens d’atténuer l’impact sur les ménages et les entreprises européens. Si le coût élevé de l’énergie a été un thème récurrent lors des récentes réunions des dirigeants, la volatilité déclenchée par les attaques iraniennes à travers le Moyen-Orient a transformé la situation en une crise aiguë. Les dirigeants craignent que la flambée de l’inflation ne renforce le soutien aux mouvements politiques populistes et anti-UE.

Le conflit avec l’Iran a également mis en évidence des divisions au sein de l’Europe quant à la manière d’y répondre. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, préconise de s’appuyer sur les conclusions du Conseil pour faire respecter le droit international, critiquant indirectement les États-Unis et Israël. Cependant, l’Allemagne et d’autres pays se montrent prudents quant à toute action susceptible de compromettre l’accord commercial UE-États-Unis actuellement en cours de révision.

Rappel à 2022

Malgré l’urgence de la crise énergétique, les dirigeants ont toujours l’intention d’avancer sur des questions clés telles que la rationalisation des réglementations de l’UE et la mise en place des bases d’un marché financier européen plus intégré. Néanmoins, leur agenda reste fortement influencé par des événements extérieurs dictés par Washington plutôt que par Bruxelles.

La flambée des prix de l’énergie rappelle 2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait provoqué une hausse similaire, bien qu’atténuée par un financement substantiel de l’UE. Cependant, ces coûts élevés ont contribué à la montée des mouvements politiques d’extrême droite et d’extrême gauche, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ayant exploité cette question dans sa campagne de réélection.

La menace de veto de la Hongrie

La menace d’Orbán d’opposer son veto à un prêt de 90 milliards d’euros de l’UE en faveur de l’Ukraine complique encore davantage la situation. La frustration monte à l’égard de Budapest, les dirigeants adoptant une posture plus conflictuelle en coulisses. Une action en justice contre la Hongrie pour violation du principe de « coopération loyale » est envisageable, mais il s’agit d’un processus de longue haleine peu susceptible d’apporter un soulagement immédiat à l’Ukraine.

Les dirigeants sont également confrontés à des désaccords sur les politiques énergétiques à long terme. Les pays nordiques et l’Espagne prônent un recours accru aux énergies renouvelables par le biais du système d’échange de quotas d’émission (SEQE), arguant que cela renforce l’autonomie de l’UE. À l’inverse, l’Italie et la Pologne souhaitent des ajustements du SEQE afin d’atténuer les pics de prix potentiels, compte tenu de leur dépendance continue aux combustibles fossiles.

Le conflit avec l’Iran suscite des inquiétudes pour l’Ukraine

Le conflit avec l’Iran suscite des inquiétudes quant à son impact sur l’Ukraine. La flambée des prix du pétrole renfloue les caisses de la Russie alors que ses forces peinent dans l’est de l’Ukraine. De plus, la demande accrue d’armement américain dans le cadre du conflit avec l’Iran pourrait priver Kiev d’armes cruciales souvent financées par des fonds de l’UE.

Cette situation offre à l’industrie européenne de la défense l’occasion d’intervenir et d’apporter un soutien essentiel à l’Ukraine, compte tenu de ses capacités de production. Le projet de conclusions du sommet appelle à un « changement radical » dans le renforcement de l’industrie de la défense de l’UE, reflétant l’urgence de la situation. Cependant, la capacité de l’industrie européenne de la défense à répondre à des demandes croissantes reste incertaine. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus