L’Iran renforce ses mesures de sécurité et met en place un blocage d’Internet


Principaux renseignements

  • Le gouvernement iranien met en place des postes de contrôle et impose une coupure d’Internet pour réprimer la dissidence.
  • Les habitants adaptent leurs habitudes et cherchent des moyens risqués d’accéder à l’information en ligne malgré les conséquences graves.
  • L’absence de plateformes de messagerie cryptée entrave l’organisation des manifestations, soulignant les efforts du gouvernement pour contrôler la communication.

Les rues de Téhéran sont désormais parsemées de postes de contrôle de sécurité, signe visible des efforts déployés par l’Iran pour réprimer le sentiment anti-establishment. Les habitants rapportent à la BBC avoir été arrêtés et fouillés à ces postes de contrôle, dont certains sont stratégiquement situés sous des ponts ou à l’intérieur de tunnels, à la suite de frappes de drones visant des postes de contrôle situés au milieu des routes. Ces frappes auraient causé la mort de plusieurs membres des forces de sécurité iraniennes.

Blocage d’internet

En réponse à cette surveillance accrue, les habitants ont modifié leurs habitudes quotidiennes. Certains évitent de porter des vêtements de couleur vive, craignant que cela n’attire l’attention indésirable des patrouilles. D’autres ont recours à des méthodes risquées pour contourner le black-out Internet imposé par le gouvernement. Un homme d’une vingtaine d’années vend des connexions Internet sécurisées, permettant aux particuliers de contourner les restrictions et d’accéder à l’information. Cependant, cette activité est illégale en Iran et s’accompagne de lourdes conséquences.

La coupure nationale d’Internet entrave considérablement la communication avec le monde extérieur et limite la capacité des manifestants à s’organiser. Les applications et plateformes de messagerie cryptée sont des outils essentiels pour se mobiliser, partager les lieux de manifestation et diffuser des appels à l’action. Sans ces plateformes, la coordination devient extrêmement difficile.

Internet à prix élevé

Alors que les responsables iraniens affirment qu’ils s’efforcent de rétablir l’accès à Internet pour ceux qui peuvent « faire entendre la voix du pays au monde entier », la réalité est que l’accès à Internet a un coût très élevé. Les habitants sont contraints de payer des tarifs exorbitants pour un volume de données limité, ce qui met encore davantage en évidence les difficultés économiques auxquelles sont confrontés de nombreux Iraniens.

Malgré ces difficultés, certains habitants s’inquiètent de la sécurité des applications nationales iraniennes et aspirent à retrouver les plateformes cryptées sur lesquelles ils comptaient auparavant pour organiser les manifestations. Les autorités ont également mené des campagnes de propagande, diffusant des slogans pro-régime et organisant des rassemblements pour projeter une image de stabilité.

Une situation tendue persiste

Bien que les manifestations de masse n’aient pas encore atteint l’ampleur observée en janvier, lorsque des milliers de personnes ont été tuées selon les groupes de défense des droits de l’homme, la situation reste tendue. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a lancé des avertissements sévères contre toute manifestation future, promettant une répression plus dure qu’auparavant. Alors que certaines personnalités internationales ont exhorté le peuple iranien à se soulever contre le régime, il n’y a aucune garantie de succès ni de voie claire à suivre pour ceux qui aspirent au changement.

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