La Russie enregistre sa première baisse annuelle des investissements en capital fixe depuis la pandémie


Principaux renseignements

  • La Russie a connu sa première baisse annuelle des investissements en capital fixe depuis la pandémie de COVID-19, avec un recul de 2,3 pour cent.
  • Les taux d’intérêt élevés incitent les entreprises à privilégier les dépôts bancaires plutôt que l’expansion, ce qui freine encore davantage l’investissement.

La Russie a connu sa première baisse annuelle des investissements en capital fixe depuis la pandémie de COVID-19, selon les données publiées par l’agence nationale de statistiques Rosstat. Cette baisse de 2,3 pour cent met en évidence la pression croissante qui pèse sur l’économie russe en raison de la hausse des taux d’intérêt et du resserrement des dépenses publiques.

Déclin

L’ampleur de ce déclin reflète une tendance similaire observée en 2015 à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie et des sanctions occidentales qui ont suivi. Si les investissements avaient également légèrement baissé pendant l’année pandémique 2020, la chute récente marque un ralentissement significatif pour l’économie russe.

Le ralentissement des investissements s’est intensifié tout au long de l’année. La croissance initiale de 6,5 pour cent au premier trimestre a cédé la place à des chiffres négatifs : -1 pour cent au deuxième trimestre, -4,3 pour cent au troisième et -5,3 pour cent au quatrième.

Perspectives économiques

Le ministre de l’Économie, Maxim Reshetnikov, avait déjà mis en garde contre une baisse potentielle des investissements en termes réels, l’attribuant au « prix naturel » d’une politique monétaire restrictive visant à freiner l’inflation. Il anticipe une nouvelle contraction, prévoyant une baisse de 0,5 pour cent cette année.

Selon Anton Tabakh, économiste en chef de l’agence de notation Expert RA, les taux d’intérêt élevés ont incité les entreprises à privilégier les dépôts bancaires plutôt que l’expansion de la production.

Resserrement budgétaire et autofinancement

Les efforts du gouvernement pour stabiliser le budget fédéral ont également freiné l’activité d’investissement. Les analystes du groupe de recherche Tverdye Tsifry ont observé que les entreprises comptaient de plus en plus sur leurs fonds propres pour leurs investissements en capital fixe, atteignant près de 59 pour cent l’année dernière.

Cette période marque également la première fois que la Russie connaît une baisse des investissements en capital fixe en termes absolus, ce qui suscite des inquiétudes parmi les analystes qui préviennent que de nouvelles réductions des dépenses publiques pourraient aggraver la situation. Ils prévoient que l’alourdissement de la charge fiscale aura également un impact négatif sur les dépenses des entreprises.

Prévisions pour l’avenir

Les analystes de Tverdye Tsifry, s’appuyant sur les programmes d’investissement de 61 grandes entreprises comme indicateur, prévoient une croissance nominale des investissements proche de zéro cette année, ce qui implique une nouvelle baisse en termes réels à mesure que les entreprises réduisent leurs dépenses.

Les enquêtes menées auprès des entreprises par la Banque centrale ont révélé que la plupart des investissements de l’année dernière visaient à maintenir les capacités de production existantes plutôt qu’à les développer. Le régulateur a attribué ce ralentissement à la baisse de la demande intérieure, mais a souligné que les niveaux d’investissement globaux restaient proches des sommets récents.

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