Principaux renseignements
- Les compagnies aériennes américaines s’appuient de plus en plus sur les cartes de crédit co-marquées pour générer des revenus, dépassant ainsi les méthodes traditionnelles telles que les tarifs aériens.
- Cette évolution favorise les titulaires de carte grâce à des avantages préférentiels et soulève des inquiétudes quant à l’accessibilité pour les non-titulaires.
- Les compagnies aériennes sont confrontées à des risques potentiels liés aux ralentissements économiques et à la surveillance réglementaire, ce qui exige de la transparence et une capacité d’adaptation pour maintenir la satisfaction des clients.
Les fondements financiers des compagnies aériennes américaines évoluent à toute vitesse. Alors que les bénéfices dépendaient auparavant surtout du prix des billets, du coût du carburant et du nombre de passagers, les transporteurs s’appuient aujourd’hui de plus en plus sur les revenus de leurs propres cartes de crédit, rapporte Reuters.
Une dépendance croissante
United Airlines, par exemple, a récemment annoncé un système de miles à plusieurs niveaux dans lequel les titulaires de carte gagneront au moins deux fois plus de miles que les non-titulaires sur les vols éligibles. De même, American Airlines a cessé d’attribuer des miles sur les billets en classe économique de base, ce qui incite davantage à l’utilisation des cartes de crédit. Delta Air Lines permet à ses clients d’utiliser leurs dépenses effectuées avec des cartes American Express co-marquées pour prétendre au statut Elite.
Ce recours aux partenariats avec les cartes de crédit est évident dans les rapports financiers. Les banques versent chaque année des milliards de dollars aux compagnies aériennes pour les miles et autres avantages liés aux programmes, des montants qui rivalisent parfois avec le résultat d’exploitation.
Préoccupations concernant l’accessibilité
Alors que les compagnies aériennes affirment que les cartes co-marquées renforcent les programmes de fidélité plutôt que de remplacer les méthodes traditionnelles d’accumulation de miles, la tendance à mettre l’accent sur les dépenses par carte de crédit suscite des inquiétudes. Le cabinet de conseil IdeaWorks a constaté que le « taux de retour » – le rapport entre les tarifs au comptant et les prix des primes – a considérablement diminué depuis 2019, plusieurs compagnies aériennes ayant réduit ou supprimé l’accumulation de miles sur leurs billets les moins chers.
Risques potentiels
Cette évolution pourrait potentiellement aliéner les clients qui perçoivent l’échange de miles comme de plus en plus inaccessible, les amenant à abandonner les cartes de crédit des compagnies aériennes. Un tel scénario pourrait exercer une pression sur les banques qui achètent des miles en gros, ce qui aurait un impact sur les sources de revenus de la compagnie aérienne.
Malgré ces inconvénients potentiels, les compagnies aériennes soulignent la stabilité et la prévisibilité offertes par les partenariats avec les cartes de crédit. Par exemple, Shane Tackett, directeur financier d’Alaska Airlines, souligne que les revenus liés à la fidélisation contribuent de manière significative au chiffre d’affaires total et aident à protéger la compagnie aérienne contre les fluctuations de la demande. (uv)
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