Le parti Groen élira un nouveau président à la fin du mois. Bart Dhondt a démissionné en décembre, notamment parce qu’il était peu présent dans les médias et inconnu du grand public. Trois candidats sont désormais en lice pour prendre la tête du parti et lui donner un nouveau visage. Avec des sondages défavorables et des visages peu connus, cela risque d’être la dernière chance pour Groen de se remettre sur les rails.
Un dirigeant chevronné contre une nouvelle génération
Bogdan Vanden Berghe a été le premier candidat à se présenter à la présidence de Groen. Il est actuellement membre du Parlement flamand et était auparavant directeur politique du parti. Avant sa carrière politique, il était à la tête de 11.11.11. Lors des élections municipales à Anvers, il était tête de liste pour Groen. Il avait alors l’ambition de participer au gouvernement, mais cela n’a pas abouti. En tant que président, Vanden Berghe souhaite faire barrage à ce qu’il appelle la « politique de l’Arizona » et l’extrême droite, renouveler le parti là où cela s’avère nécessaire et replacer le climat au centre du débat politique. Il souhaite également que le parti s’adresse aux électeurs du centre. Il doit s’agir d’un discours global.
Vanden Berghe affronte notamment le jeune talent du parti, Aimen Horch. Âgé de 29 ans et originaire de Vilvorde, ce dernier siège au Parlement flamand depuis les dernières élections et se positionne clairement à gauche au sein de Groen. Il cite notamment l’exemple de Zohran Mamdani, maire de New York, qui a été élu grâce à un programme résolument de gauche. Horch espère en outre séduire de nombreux jeunes, car un jeune président de parti peut être une formule gagnante, comme l’a déjà prouvé Conner Rousseau de Vooruit.
La troisième et dernière candidate est Valérie Tanghe. Issue du monde des affaires, elle est actuellement présidente du conseil d’administration de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Tanghe met fortement l’accent sur l’économie et affirme qu’environ 80 % des solutions climatiques doivent aujourd’hui provenir du secteur économique. Elle possède également une vaste expérience de l’administration locale : elle est conseillère communale à Hechtel-Eksel depuis 25 ans et y a également été échevine.
L’avenir du parti
Quel que soit le nouveau président de Groen, une tâche difficile l’attend. Avec des sondages décevants et une visibilité limitée, le nouveau président devra redonner au parti un profil clair. Il ne suffira pas d’apporter du sang neuf, Groen devra également se repositionner sur le fond. Dans un contexte politique dominé principalement par les questions socio-économiques, il s’avère difficile de replacer le climat au centre des préoccupations. En tant que parti d’opposition, il n’est en outre pas facile de se profiler face au gouvernement de l’Arizona.
Dans le même temps, une question stratégique se pose : quel public le parti souhaite-t-il cibler ? Va-t-il continuer à se concentrer sur une base électorale résolument verte et osciller autour des 10 %, ou va-t-il, à l’instar du Vooruit, se rapprocher du centre politique afin d’atteindre un électorat plus large ? Une chose est sûre : Groen va connaître une période passionnante et décisive.

