Prix du pétrole à leur plus haut niveau depuis six mois en raison des tensions avec l’Iran


Principaux renseignements

  • L’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran fait grimper les prix du pétrole en raison des craintes d’une interruption potentielle de la production pétrolière iranienne.
  • Malgré le renforcement militaire des deux côtés, les marchés restent largement sereins et sous-estiment peut-être le risque de perturbations dans l’approvisionnement.
  • La possibilité d’une guerre au Moyen-Orient ajoute une incertitude significative au marché pétrolier, constituant une menace réelle.

Les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran ont provoqué une onde de choc sur le marché mondial du pétrole, poussant les prix à leur plus haut niveau en six mois. Le prix du Brent dépassait alors les 71 dollars le baril et celui du WTI les 66 dollars. Aujourd’hui, à 10h34, le prix du Brent s’établissait à 71,13 dollars le baril et celui du WTI à 66,24 dollars le baril. Les inquiétudes concernant les perturbations potentielles de la production pétrolière iranienne, qui s’élève à 3 millions de barils par jour, alimentent cette flambée des prix.

Résilience du marché 

Malgré l’escalade des menaces militaires des deux côtés, notamment le renforcement de la présence militaire américaine dans le Golfe et les exercices militaires iraniens, les marchés semblent sereins. Le discours sur la « surabondance de pétrole » est de plus en plus contestable, les stocks mondiaux restant nettement inférieurs à leur moyenne sur cinq ans.

Les premières négociations sur le programme nucléaire iranien semblaient prometteuses et les deux parties se montraient disposées à parvenir à un accord. Cependant, des points de friction sont apparus. Le président Trump a adressé un avertissement sévère à l’Iran. Il a souligné la nécessité d’un accord. Dans le même temps, il a laissé entendre que l’absence d’accord aurait des conséquences désastreuses.

Positions de défi 

L’Iran a répondu avec défi, affirmant son droit à l’autodéfense et avertissant que toute agression militaire serait suivie de représailles décisives et proportionnées. Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans le golfe Persique, tandis que l’Iran a mené des exercices militaires dans des voies navigables stratégiques aux côtés de la Russie.

Étonnamment, les prix du pétrole n’ont pas réagi de manière plus spectaculaire à ces développements. Cependant, la perturbation potentielle de 3 millions de barils par jour de la production iranienne ne peut être prise à la légère, en particulier si le conflit s’étend au-delà de l’Iran.

Risques sous-estimés 

Les analystes suggèrent que les traders sous-estiment peut-être le risque lié à l’escalade des tensions. L’hypothèse selon laquelle une offre mondiale abondante peut absorber toute perturbation pourrait être erronée. Des données récentes révèlent une baisse des stocks mondiaux de pétrole et une diminution de la capacité de réserve, remettant en question la notion de « surabondance de pétrole ».

Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, a mis en garde contre une surestimation de la surabondance, soulignant la faiblesse des stocks mondiaux de pétrole et les approvisionnements sanctionnés stockés dans des réservoirs flottants. Il a également souligné la diminution des capacités de production de réserve, qui limite la capacité à répondre à des chocs majeurs de l’offre.

Le risque de guerre au Moyen-Orient ajoute une couche supplémentaire d’incertitude à un marché déjà volatil. Si les précédents historiques suggèrent que la probabilité d’une perturbation importante de l’approvisionnement en pétrole est relativement faible, le risque de conflit reste une préoccupation réelle pour les traders et les investisseurs.

(jw)

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