Principaux renseignements
- Les astronautes Butch Wilmore et Suni Williams ont évité une catastrophe potentielle lors du premier vol d’essai habité du Boeing Starliner en raison de problèmes avec les propulseurs.
- L’incident a mis en évidence une série de défis techniques qui affectent le programme Starliner, notamment des défaillances matérielles et un décalage culturel entre Boeing et la NASA.
- Après une classification initiale erronée, la NASA qualifie désormais le quasi-accident de “type A”.
Deux astronautes de la NASA, Butch Wilmore et Suni Williams, ont frôlé la mort lors de leur mission spatiale à bord de la capsule Boeing Starliner. Un rapport cinglant de l’agence a classé l’incident comme un « accident de type A », ce qui signifie un événement mettant la vie en danger comparable aux tragiques catastrophes de la navette spatiale en 1986 et 2003. C’est ce que rapporte Skynews.
Catastrophe évitée de justesse lors de l’amarrage
L’accident s’est produit en juin 2024 lors du premier vol d’essai habité du Starliner vers la Station spatiale internationale (ISS). Les propulseurs ont mal fonctionné, laissant la capsule dangereusement hors de contrôle. Wilmore et Williams ont fait preuve d’une habileté remarquable en redémarrant le système de propulsion et en s’arrimant manuellement à l’ISS. Cependant, les responsables de la NASA ont reconnu que l’issue aurait pu être très différente si des décisions clés n’avaient pas été prises ou si l’arrimage avait échoué.
Initialement prévu pour un séjour de 10 jours, le temps passé par les astronautes à bord de l’ISS a été prolongé à neuf mois pendant que la NASA enquêtait sur le problème. La capsule est finalement revenue sur Terre sans son équipage, mais le rapport a révélé des problèmes persistants avec les propulseurs lors de la rentrée atmosphérique.
Défis techniques
Le Starliner a rencontré des obstacles techniques tout au long de son développement, notamment l’utilisation de ruban adhésif inflammable dans les systèmes électriques et une défaillance du système de parachute. Le rapport attribue cette situation périlleuse à ces défaillances matérielles, ainsi qu’à des erreurs de jugement de la part des dirigeants et à un décalage culturel entre Boeing et la NASA.
Boeing affirme avoir mis en œuvre d’importants changements culturels et avoir réalisé des progrès substantiels pour relever les défis techniques depuis l’incident. Cependant, les responsables de la NASA ont reconnu la gravité de l’événement, soulignant qu’ils avaient frôlé la catastrophe.
Classification initiale erronée
Au départ, l’agence n’a pas classé la perte de propulsion comme un « accident de type A », bien qu’elle remplisse les critères en raison de son écart par rapport au vol contrôlé. Cette omission a été attribuée à l’attention particulière accordée par la NASA à la recherche d’une alternative opérationnelle à la capsule SpaceX pour le transport de l’équipage vers l’ISS, ce qui a conduit à un niveau de risque inacceptable.
Alors que les enquêtes se poursuivent sur les dysfonctionnements des propulseurs, le Starliner reste cloué au sol jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Wilmore et Williams ont depuis pris leur retraite de la NASA. L’agence se prépare désormais pour sa mission Artemis, la première orbite lunaire depuis plus de 50 ans. Cependant, la méga-fusée SLS et la capsule Orion ont rencontré des contretemps, notamment des fuites de propergol hydrogène lors du ravitaillement et des inquiétudes concernant le bouclier thermique du vaisseau spatial.
Le compte à rebours pour Artemis continue
Malgré ces difficultés, une récente répétition du compte à rebours s’est avérée fructueuse après la réparation d’un joint qui fuyait. La NASA assure que le bouclier thermique a également été amélioré. La première date de lancement potentielle pour Artemis est le 6 mars, mais la NASA souligne que le lancement de l’équipage n’aura lieu que lorsqu’une confiance absolue dans l’état de préparation de la fusée aura été établie.
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