Perte d’emplois au Royaume-Uni due à l’augmentation des charges patronales


Principaux renseignements

  • Les détaillants britanniques prévoient de réduire les heures de travail, les heures supplémentaires et les emplois afin de lutter contre la hausse des coûts de main-d’œuvre.
  • Les progrès technologiques remplacent les emplois dans le commerce de détail, ce qui entraîne des pertes d’emplois.
  • Le climat économique incertain et la concurrence féroce des détaillants en ligne menacent encore davantage les magasins physiques.

Les détaillants britanniques sont confrontés à des défis importants en raison de l’escalade des coûts de main-d’œuvre et des perspectives économiques moroses. Une récente enquête menée par le British Retail Consortium (BRC) révèle que de nombreux responsables financiers du secteur de la vente au détail prévoient de réduire les heures de travail, les heures supplémentaires et les emplois tant au siège social que dans les magasins. Cette tendance risque d’aggraver les difficultés rencontrées par les jeunes à la recherche d’un premier emploi dans des secteurs tels que la vente au détail et l’hôtellerie.

Causes

Le secteur de la vente au détail a déjà enregistré une perte importante de 74 000 emplois au cours de l’année dernière, en partie due à l’adoption de nouvelles technologies telles que les outils de marketing basés sur l’IA, les systèmes avancés de gestion des stocks et les caisses automatiques. Les détaillants ont de plus en plus recours à la technologie et à d’autres moyens pour améliorer leur productivité. Cela leur permet de compenser la hausse des coûts de main-d’œuvre. Ceux-ci auront augmenté de 5 milliards de livres sterling (environ 5,85 milliards d’euros) d’ici 2025 en raison de la hausse des cotisations patronales à l’assurance nationale et du salaire minimum.

La concurrence s’intensifie encore avec l’émergence de détaillants en ligne à bas prix tels que Shein, Vinted et Temu. De plus, la demande modérée des consommateurs est alimentée par la hausse des factures d’énergie et d’alimentation et les inquiétudes liées à la sécurité de l’emploi dans un contexte géopolitique instable. Cela exerce une pression supplémentaire sur les magasins physiques.

Perspectives pessimistes

L’enquête du BRC dresse un tableau sombre du moral des détaillants, 69 pour cent des responsables financiers se déclarant pessimistes ou très pessimistes quant à l’avenir. Seuls 14 pour cent se disent optimistes, ce qui représente une légère amélioration par rapport à l’année précédente. Helen Dickinson, directrice générale du BRC, souligne la nécessité de créer des emplois de qualité et bien rémunérés. Mais elle reconnaît que de nombreux emplois ont été perdus dans le secteur au cours des cinq dernières années. Elle ajoute également que le chômage des jeunes a augmenté.

Dickinson souligne que les coûts de main-d’œuvre constituent la principale préoccupation des détaillants, 84 pour cent d’entre eux les classant parmi leurs trois principales préoccupations, ce qui représente une augmentation spectaculaire par rapport aux 21 pour cent enregistrés en juillet de l’année précédente. Elle souligne la fragilité de l’économie, caractérisée par une faible croissance des salaires, une augmentation du chômage et une faible confiance des consommateurs, autant de facteurs qui laissent présager une baisse de la demande.

Impact potentiel du projet de loi sur les droits des travailleurs

Dickinson met en garde contre le projet de loi du gouvernement sur les droits du travail. Celui-ci vise à introduire de nouvelles mesures de protection pour les travailleurs à partir du mois d’avril. Cela pourrait avoir un impact considérable sur l’emploi.

Elle reconnaît que ces réformes pourraient améliorer les normes tout en favorisant la flexibilité et l’accès à l’emploi. Cela est essentiel pour les personnes ayant des horaires de travail atypiques. Elle souligne toutefois que le gouvernement doit tenir compte des besoins des entreprises lorsqu’il met en place des mesures telles que la garantie du temps de travail et les droits syndicaux. Elle prévient que ne pas le faire pourrait entraîner une plus grande complexité et moins de flexibilité. À terme, cela pourrait entraîner une baisse du nombre d’emplois pour les débutants. Les emplois à temps partiel diminueraient également à un moment où ils sont le plus nécessaires.

(JW)

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