Les pays européens ne se laissent pas intimider par les États-Unis et s’attaquent aux géants américains des réseaux sociaux


Principaux renseignements

  • Les pays européens enquêtent activement sur les plateformes de réseaux sociaux pour diffusion de contenus préjudiciables, notamment des images d’abus sexuels sur mineurs générées par l’IA.
  • La frustration suscitée par la lenteur des progrès de l’UE en matière de réglementation des géants de la technologie alimente une vague d’actions nationales visant à protéger les enfants en ligne.
  • Les tensions sont parfois vives. Le président français Emmanuel Macron a ainsi qualifié la résistance américaine à la réglementation de « lutte géopolitique ».

L’Espagne a ouvert une enquête sur Meta, propriétaire de Facebook, pour diffusion présumée d’images sexuelles d’enfants générées par l’IA. L’Irlande a quant à elle ouvert une enquête officielle sur le chatbot IA Grok de X pour traitement de données à caractère personnel et production d’images à caractère sexuel préjudiciables.

Un nombre croissant de pays européens – la France, l’Espagne, la Grèce, le Danemark, la Slovénie et la République tchèque – ont suivi l’exemple de l’Australie ces dernières semaines et proposé d’interdire les réseaux sociaux aux adolescents, en raison des préoccupations croissantes liées à la dépendance, aux abus en ligne et à la baisse des résultats scolaires.

Enquêtes nationales

L’Irlande a également ouvert une enquête officielle sur le chatbot Grok de X, développé à l’aide de l’IA, pour utilisation abusive potentielle de données personnelles et génération de contenus préjudiciables. Cette tendance s’étend au-delà de ces deux pays, la France, l’Espagne, la Grèce, le Danemark, la Slovénie et la République tchèque envisageant de suivre l’exemple de l’Australie en proposant d’interdire les réseaux sociaux aux adolescents.

Frustration face aux progrès de l’UE

Cette vague d’actions nationales découle d’un sentiment d’urgence et de frustration face à la lenteur perçue des progrès de l’Union européenne. Si la loi européenne sur les services numériques (DSA) impose de lourdes amendes aux plateformes qui ne parviennent pas à lutter contre les contenus préjudiciables, l’application de ces sanctions est politiquement sensible en raison des réactions négatives potentielles des États-Unis.

Les États-Unis ont déjà menacé d’imposer des droits de douane et des sanctions aux pays européens qui mettraient en œuvre des réglementations plus strictes à l’égard des entreprises technologiques. Malgré cela, la Commission européenne insiste sur le fait qu’elle ne fait pas preuve d’indulgence envers les géants de la technologie, soulignant les enquêtes en cours sur des plateformes telles que X.

Bataille géopolitique

Les tensions sont parfois vives. Le président français Emmanuel Macron a ainsi qualifié la résistance américaine à la réglementation de « lutte géopolitique ». Certains dirigeants européens considèrent ces mesures comme des étapes cruciales pour réduire la dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains et garantir les valeurs démocratiques.

Des événements récents, tels que l’émergence d’images d’abus sexuels sur des enfants générées par l’IA et le meurtre par arme blanche d’un aide-éducateur par un adolescent, ont intensifié les appels à l’action. La modification des lignes directrices de la DSA autorisant les restrictions d’âge au niveau national a renforcé la capacité des pays à agir de manière indépendante.

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