Principaux renseignements
- L’Iran a mené des exercices militaires dans le détroit d’Ormuz, exacerbant les tensions avec les États-Unis alors que les négociations sur le nucléaire se poursuivent.
- Des efforts diplomatiques sont en cours pour limiter le programme nucléaire iranien tout en gérant les menaces entre les deux nations.
- Les pays arabes du Golfe s’inquiètent de plus en plus que l’intensification du conflit ne déclenche une nouvelle guerre régionale dans un Moyen-Orient déjà instable.
Alors que les négociations visant à freiner le programme nucléaire iranien étaient en cours à Genève, l’Iran a annoncé la fermeture temporaire du détroit d’Ormuz pour des exercices militaires impliquant des tirs de missiles réels. Cette décision, sans précédent depuis que les États-Unis ont commencé à renforcer leur présence militaire dans la région et à menacer l’Iran de recourir à la force, a considérablement exacerbé les tensions, qui pourraient potentiellement déclencher un nouveau conflit au Moyen-Orient.
Négociations
Les pourparlers, qui ont duré environ trois heures, étaient indirects et portaient uniquement sur le programme nucléaire iranien, excluant toute discussion sur des questions nationales telles que la récente répression des manifestations. Le président américain Donald Trump avait menacé à plusieurs reprises de recourir à la force pour contraindre l’Iran à limiter ses capacités nucléaires, ce qui avait suscité une menace réciproque de la part de l’Iran. Cette série de pourparlers faisait suite à une première réunion qui s’était tenue à Oman au début du mois de février. Les négociations de Genève se sont déroulées dans la résidence de l’envoyé omanais, chaque partie s’engageant séparément par l’intermédiaire de médiateurs.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui dirigeait la délégation iranienne, a souligné l’engagement de l’Iran en faveur d’un accord juste et équitable, tout en rejetant toute forme de soumission aux menaces. Rafael Grossi, directeur général de l’agence de surveillance nucléaire de l’ONU, était présent à Genève pour apporter son expertise technique à la demande des parties.
Trump a cherché à négocier des limitations du programme nucléaire iranien, afin de s’assurer que ce pays ne développe pas d’armes nucléaires. L’Iran maintient que ses activités nucléaires sont à des fins pacifiques et a résisté aux demandes visant à mettre fin à l’enrichissement d’uranium ou à livrer ses stocks d’uranium hautement enrichi. Le président, s’adressant aux journalistes lors de son retour à Washington, s’est montré optimiste quant à la volonté de l’Iran de trouver une solution diplomatique, tout en mettant en garde contre les conséquences d’un échec des négociations.
Efforts diplomatiques
Les Gardiens de la révolution iranienne ont lancé des exercices de tir réel dans le détroit d’Ormuz, le golfe Persique et le golfe d’Oman, des voies maritimes internationales cruciales. Il s’agissait du deuxième exercice de ce type mené par l’Iran ces dernières semaines.
Le guide suprême iranien, Ayatollah Ali Khamenei, a adressé un avertissement sévère aux États-Unis concernant leur renforcement militaire au Moyen-Orient, laissant entendre que la force serait contrée par une force encore plus grande. Il a en outre mis en garde contre toute tentative de prédéterminer l’issue des négociations.
Le président Trump avait précédemment annoncé le déploiement de l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, au Moyen-Orient, où il rejoindra d’autres navires de guerre américains déjà présents dans la région. Les tensions se sont intensifiées la semaine dernière lorsque les forces américaines ont abattu un drone iranien qui s’approchait de l’USS Abraham Lincoln et que l’Iran a tenté d’entraver la progression d’un navire battant pavillon américain dans le détroit d’Ormuz.
Période de deuil
L’Iran a commémoré les morts résultant de la récente répression des manifestations par une période de deuil de 40 jours, une pratique traditionnelle dans l’islam. Les militants affirment qu’au moins 7 015 personnes ont été tuées pendant les troubles, dont beaucoup lors d’une répression brutale dans la nuit du 8 au 9 janvier.
Bien qu’il soit difficile de vérifier de manière indépendante le nombre de victimes en raison des perturbations Internet et des restrictions imposées par les autorités iraniennes sur les communications internationales, l’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency, connue pour ses reportages précis sur les troubles passés en Iran, cite ces chiffres en se basant sur un réseau d’activistes à l’intérieur du pays. (at)
(JW)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

